‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 127 sur 294 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

généraux. Changamîer, Lamoricière , Bedeau, Cavaignac, Pelissîer (1), Saint- Arnaud, Moriss, YusufF, Tartas, et tant d'autres formaient, dans des grades secondaires, les cadres de cette vaillante année d'Afrique qui restera à jamais la gloire et l'honneur de la France et de la monarchie de 1830.

(1) Pelissier (Amable-Jean-Jaoques), est né le 6 novembre 1794 & Maromme l(Seine-Inférieare). Il fit ses études an Prytanée militaire et à l'école Saint-Cyr. Denx jours avant le retour de l'île d'Elbe, il recevait le brevet de sous-lieute- [nant et fut incorporé dans un régiment posté en observation sur le Bhin. En 1828 Pelissier fit la campagne d'Espagne et fut décoré de la Légion d'honneur et de Tordre de Saint-Ferdinand. A la suite de l'expédition d'Alger & laquelle il prit part, Pelissier reçut le grade de chef d'escadron, puis il devint aide de camp du général Pelet pendant l'expédition d'Anvers. En 1839, il repasse en Algérie avec le grade de lieutenant-colonel et pendant trois ans dirige l'étatmajor de la province d'Oian. n se distingue pendant l'expédition de Tackdempt (1841), au combat d'Oued-Melah, et après l'expédition du Chélif fut nommé colonel.

Pelissier prit part à U guerre contre le Maroc, et se signala à la bataille d'Isly où il commandait l'aile gauche. Chargé en 1845 de poursuivre un gros d'Arabes qui se réfugièrent dans les grottes de l'Ouled-Bhia, et voyant la difficulté de les déloger de leur position, il fit allumer des feux à l'entrée des grottes et les Arabes périrent étouffés. L'opinion s'émut, le ministre de la guerre Soult, interpellé à la Chambre, blâma le colonel Pelissier qui pourtant n'avait agi que d'après les ordres du maréchal Bugeand qui couvrit énergiquement son subordonné. L'année suivante, Pelissier reçut les épaulettes de général de brigade. Au moment du coup d'État, il remplaça le général d'Hautpoul comme gouverneur général , mit TAlgérie en état de siège et se rallia complètement au nouveau gouvernement. — Bemplacé par le maréchal Bandon, il retourna à Oran, organisa la première expédition de Eabylie, s'empara de Laghouat et en 1862 força les tribus du sud à fetire leur soumission.

Le général Pelissier venait d^être promu au grade de grand officier de la Légion d'honneur, lorsqu'il reçut l'ordre de diriger les opérations du siège de Sébastopol, le général Canrobert, commandant en chef, ayant donné sa démission. Après plusieurs combats menés avec une rare vigueur, le général PeUssier sut réduire la place en s'emparant de la tour Malakoff (1866).

Cette victoire lui valut le bâton de maréchal et le titre de duc de Malakoff. Rentré en France, il reçut Tambassade de Londres. Lors de la guerre de 1859, l'Empereur le chargea d'organiser à Nancy une armée pour observer l'Allemagne et au besoin la contenir. Après la paix de Villafranca (1869), il devint ^rand chancelier de la Légion d'honnenr, puis en 1860 fut nommé gouverneur général de l'Algérie, n y mourut en 1864. Le maréchal Pelissier, à an courage et à une audace peu commune, joignait une haute intelligence militaire. Sa brutalité, sa brusquerie légendaires, étaient mitigées par un grand sentiment d'équité et un rare esprit naturel.

Nous avons vu plus haut quel rôle avait rempli le prince Royal de France dans Thistoire des premières années de notre conquête. Au moment où le général Bugeaud prit possession du commandement en chef de Tarmée , deux fils du Roi allaient le seconder dans sa tâche, et en combattant sous ses ordres , donner à tous de magnifiques exemples de respect à la discipline , de courage et d'abnégation.

M^ le duc d'Aumale (1), le troisième fils du roi

(1) Henri-Eugène-Philippe-Louis d'Orléans, duc d'Aumale, né & Paris 16 janvier 1822, est le quatrième fils du roi Louis -Philippe. Élevé comme ses frères au collège Henri IV, il y fit des études remarquables. — IX entra à dix^sept ans dans les rangs de l'armée et débuta au camp de Fontainebleau. Après avoir dirigé quelque temps l'école de Vincennes, il fut en 1839 promu capitaine au 4« de ligne. En 1840, il accompagna, en qualité d'officier d'ordonnance, son frère le duc d'Orléans , à qui l'unissait la plus vive amitié, et fit vaillamment ses premières armes aux combats de l'Affroun , du col de Monzaia Qt du bois des Oliviers. Il obtint la même année les grades de chef de bataillon et de lieutenantcolonel. — C'est à cette époque, mars 1841, qu'il revint en Afrique et prit part avec son frère le duc de Nemours à la campagne de Medeah et de Milianah. Atteint parles fièvres, il revint en France en juillet 1841 et traversa la France au milieu des ovations ; c'est au moment où il faisait à Paris sa rentrée triomphale à la tête du 11« léger qu'il faillit être avec son frère le duc d'Orléans la victime de l'attentat du républicain Quenisset (18 septembre).

Après avoir complété à Courbevoie son instruction militaire, le duc d'Aumale, qui venait d'être créé maréchal de camp, octobre 1842, revint en Algérie. 11 commandait la subdivision de Medeah lorsque, envoyé par le gouverneur général Bugeaud à la poursuite d'Abdel-Eader, il enleva la smalah de l'Émir, avec une intrépidité et un sang-froid surprenants ( 16 mars 1843. — Voir chapitre XI). Nommé lieutenant général en octobre de la même année, il reçut le commandement supérieur de la province de Constantine.

En 1844, il dirigea l'expédition de Biskra et se distingua dans les campagnes contre les Ziban et les Ouled-Sultan. Le 25 novembre de la même année il épousait la fille du prince de Saleme, Marie-Caroline de Bourbon. — Après avoir commandé en chef le camp de la Gironde (1846) il repasse en Afrique où il prend part à la pacification de l'Ouarensenis (1846). •— Le maréchal Bugeaud ayant abandonné le gouvernement de l'Algérie , le duc d'Aumale lui succéda le 22 septembre 1847. Le jeune prince exerça, au milieu des sympathies àe l'armée et de la colonie, une sorte de vice-royauté. La reddition d'Abdel- Kader fut le dernier acte de son gouvernement. Au moment où éclata la révolution de février 1848, malgré les instances des chefs militaires , les espé»

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