CHAPITRE VIII
général Négrier, celui de Philippeville au général Lafontaine. — Le nouveau gouverneur avait ainsi visité Bône, Ghelma, Constantine, Philippeville et Bougie. C'est au retour de cette excursion rapide qu'il organisa des milices indigènes à Djidjelly, à Medeah et à Coleah.
Parti d'Alger, le 30 mars, à la tête de sa colonne expédition et du convoi de ravitaillement, le gouerneur général rendait compte douze jours après les résultats de sa première campagne.
Le 12 avril en effet, il adressait au maréchal Soult, ministre de la guerre et président du Conseil , le rapport suivant :
Alger, 12 avril 1841.
Monsieur le Maréchal,
Je suis parti d'Alger le 30 mars, avec tous les moyens de transport que j'avais fait préparer, et je suis arrivé le lendemain à Blidah.
Le P^ avril, je me suis mis en route avec le convoi de ravitaillement destiné à Medeah, me dirigeant sur Aouch- Mouzaia. En même temps le général Changarnier, avec trois bataillons ^traversait la Chiffa et prenait un sentier dans l'Atlas pour tourner le col de Mouzaia et l'occuper.
De son côté^ le général Duvivier, avec trois bataillons^ partait d'AïnTéleizir pour reconnaître une route de Medeah que l'on supposait meilleure et plus courte que celle du Teniah. Cet espoir fut complètement déçu et cette colonne ne rencontra qu'un chemin détestable et une chaîne de mon-
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tagnes fort difficile à franchir, bien que le général Duvivier . n'eût avec lui d'autres embarras que quinze mulets portant des cacolets. Cette colonne eut à essuyer la fusillade des Kabyles sans pouvoir les joindre, et son arrière-garde, composée de deux compagnies du 17° léger, engagée dans un terrain couvert de broussailles, eut à soutenir l'attaque d'un bataillon régulier d' Abdel-Kader ; mais dans un retour offensif, ce bataillon a été repoussé définitivement.
Cependant le général Changarnier traversa la tribu de Mouzaia qui n'opposa point de résistance et il occupa le col.
Le P' avril, le col a été franchi. Quelques tirailleurs kabyles seulement se sont montrés ; la colonne a couché au bois des Oliviers et le lendemain elle est arrivée à Medeah.
Le même jour, je suis parti de Medeah, me dirigeant sur le bois des Oliviers, pour y'^asser la nuit. Dans cette marche un millier de chevaux attaqua le flanc gauche de la colonne; je fis aussitôt mettre sac à terre aux trois bataillons qui flanquaient le convoi, l'un d'eux commandé par M^ le duc d'Aumale, et je les lançai au pas de course sur la cavalerie arabe, la faisant soutenir par 400 chevaux ; l'ennemi laissa plusieurs cavaliers et leurs chevaux sur le terrain et il eut beaucoup de blessés.
Le lendemain 2 avril, à la pointe du jour, le convoi remonta la pente sur l'Atlas. A peine le jour avait-il paru, 12 à 1500 cavaliers arabes arrivant du côté de Medeah et le bataillon d'El-Barkani venant de la Chifia attaquèrent mon arrière-garde. Le général Changarnier qui la commandait contint l'ennemi ; mais bientôt après je vis déboucher do l'ouest les deu:^ bataillons des khalifats de Milianah et du Sebaou, marchant au pied de la montagne, flanqués de