CHAPITRE VIII
nombreux Kabyles et se dirigeant sur le flanc droit du général Changarnier. Deux bataillons, que j'avais échelonnés près de la mine de cuivre, suffirent pour imposer à ces Réguliers qui, redoutant une attaque, rétrogradèrent.
Voyant qu'il n'était pas possible d'aborder l'ennemi, je combinai un mouvement plus large, exécuté par un batnillon du 23'' et un du 53° qui devaient, en descendant des hauteurs presque au niveau du col, tourner tout le système des ravins inférieurs et, se précipitant sur l'ennemi, le prendre à revers. Cette attaque se fit à la course ; mais les Réguliers lâchèrent pied et se dispersèrent dans les ravins ; toutefois bon nombre furent tués et onze faits prisonniers. Les gendarmes maures du capitaine d'AUonville se firent remarquer en cet engagement.
Cependant la cavalerie arabe qui se trouvait devant le général Changarnier voyant les bataillons des Réguliers si compromis se porta à leur secours.
Le général reprenait en même temps l'ofl'ensive sur les Réguliers de l'est et leur faisait perdre du monde ; c'est en ce moment que cet officier général fut atteint d'un coup de feu à l'épaule. On crut d'abord sa blessure mortelle ; mais la balle fut extraite et ce brave officier se remit à la tête de sa troupe.
Le combat ayant cessé à droite et s'étant aAkibli à gauche, j'ordonnai au général Changarnier de se retirer et au général Duvivier qui était sur les hauteurs de gauche, de venir couvrir la retraite. Il s'en acquitta avec fermeté et en officier connaissant bien le terrain.
La colonne atteignit le col où se trouvait le convoi, sous la garde d'uu bataillon du 53®; elle descendit ensuite à Mouzaia, d'où les blessés furent dirigés sur Blidah.
Le lendemain, le second convoi venant de cette ville coucha an col et le 6 il fut disposé à Medeah.
Le 7 la colonne expéditionnaire partit de Medeah et vint camper au bois des Oliviers oh elle fut suivie par 2,000 cavaliers, mais les grand'gardes les tinrent à distanee, et à l'entrée de la nuit, ils se dirigèrent sur la vallée de Bouroumi. Toutes les dispositions furent faites pour la marche du lendemain et pour combattre avec chance de snccës. Avant onze heures du soir le convoi était en marche vers le col sous la protection de trois bataillons commandés par le général Changarnier ; il fut remis au colonel Bedeau qui le conduisit à Aouch-Mouzaia et le général Changarnier revint prendre position au sommet des trois arêtes qui dominent le bois des Oliviers ; son bataillon de droite devait arriver dans la vallée assez près de Bouroumi pour être assuré que nous ne laissions pas derrière nous l'infanterie d'Abdel-Kader.
A la pointe du jour je vis que le bataillon de zouaves commandé par le lieutenant-colonel Cavaignac avait déjà débordé les deux bataillons de Eéguliers sur leur gauche, et qu'ils avaient été gagnés de vitesse par les deux autres bataillons dirigés par le général Changarnier. Je m'ébranlais moi-même avec la cavalerie, la colonne du centre et la colonne de gauche commandée par le général Duvivier, lorsqu'un ouragan, accompagné de torrents de pluie, rendit immédiatement le terrain impraticable. Je dus, au grand regret de toutes mes troupes, renoncer à une attaque qui les remplissait d'espérance. Nous regagnâmes le chemin du col sans être suivis par les Arabes et nous arrivâmes le soir à Blidah. Je fis rentrer les troupes dans leur camp et je me rendis à Alger.
Dans cette expédition nous avons pris sur l'ennemi une