‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 136 sur 294 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

vants : du 23^ de ligne : le colonel de Macors ; du 24"^ de ligne : le colonel Gentil, le lieutenant-colonel S. A. R. le duc d'Aumale, le lieutenant Ducrot, etc.; 48*" de ligne : colonel Leblond , le lieutenant-colonel Regnault, blessé; 17® léger : le colonel Bedeau, les capitaines de Marguenat et Fromont, etc.; gendarmerie maure : le capitaine d'AUonville, chargé du bureau arabe et du commandement des forces indigènes, etc. Rentré à son quartier général à Alger, le gouverneur annonçait (le 10 avril 1841) à Tarmée l'arrivée de S. A. R. le duc de Nemours (1) désigné pour

( I) Louis, duc de Nemours, né à Paris, le 26 octobre 1814, est le deuxième fils du roi Louis-Philippe. Comme ses frères, il suivit les classes du collège Henri IV, obtint des succès au concours et s'adonna plus spécialement à l'étude des sciences. Il était encore enfant lorsque le roi Charles X, d'après un usage de l'ancien régime, le nomma, en 1826, colonel du l^' régiment de chasseurs à cheval, à la tête duquel il fit, le 3 août 1830, son entrée à Paris. Quelques mois plus tard, il fut élu roi des Belges (3 février 1831). Mais son père, qui ne se croyait pas en mesure de faire accepter ce choix aux puissances européennes, refusa l'ofïre du congrès national ; il ne se prêta pas davantage aux avances qui lui furent faites pour placer son fils sur le trône de Grèce.

Après avoir pris part aux deux campagnes de Belgique et s'être formé au commandement dans les camps de Compiègne, de Lunéville et de Saint-Omer, le duc de Nemours fut promu, le 1®' juillet 1834, maréchal de camp. Ce fut dans la première expédition de Constantine (1830) qu'il débuta sur la terre d'Afrique. Pendant deux mois, il partagea les fatigues et les dangers de l'attaque et de la retraite, et, de retour à Alger, refusa les fêtes qui lui furent offertes. Dans la seconde expédition (1837), il commanda la première brigade d'infanterie, puis les troupes du siège, et reçut, le 11 novembre suivant, le grade de lieutenant général.

Le 27 avril 1840, le duc de Nemours épousa Victoîre-Auguste-Antoinette, duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha, héritière, par sa mère, d'une partie de la grande fortune des princes de Rohan. L'année suivante il retourna pour la (Icniière fois en Afrique et prit part à une campagne décisive contre Abdel- Kader, sur les bords du Chélif.

La mort prématurée de son frère aîné donna au duc de Nemours une grande importance. Contrairement aux traditions de l'ancienne monarchie qui étaient en faveur de la mère de l'héritier présomptif, un projet de loi fut présenté aux chambres qui lui attribua la régence ; l'opinion ne parut pas ratifier cette loi que le sentiment du danger fit abandonner en 1848. Plusieurs fois le duc se

commander la 1"*® dîvîsion de l'armée dans la provînce d'Alger. Dès que fut signalée l'arrivée en rade du vapeur de l'État le Grondeur y le général Bugeaud, accompagné de M^ le duc d'Aumale, alla recevoir au débarcadère le second fils du roi.-

La première expédition avait permis de porter quatre cent mille rations à Medeah. Il fallait s'occuper, d'urgence, de Milianah. Dès le 22 avril, le général en chef recevait à Blidah les troupes que les pluies empêchèrent de se mettre en marche avant le 26. Il y eut deux divisions : la première sous les ordres du duc de Nemours, nouvellement débarqué; la seconde, sous les ordres du général Baragueyd'Hilliers.

Du 27 avril au l^"" mai, l'armée franchit le col du Gontas, et le 2 et le 3 mai Ton descendit dans la plaine du Chélifi", à Aïn Sultan. On était sous Milianah. La garnison, formée du IV léger, grâce à un plan îngé-

retrouva à la tête des troupes réunies dans des camps d'instruction ; il assistait avec régularité aux travaux de la chambre des Pairs , et fit plasieurs voyages dans les départements.

Lorsque éclata la révolution de Février, le duc de Nemours coomiandait xax, corps de troupes massé sur la place du Carrousel. Sans essayer de se prévaloir de ses droits, il s'effaça aussi complètement que pouvaient le réclamer les exigences de la situation, et accompagna sa belle-sœur, la duchesse d'Orléans, à la chambre des députés. A ce dernier acte de sa vie publique se rattache le souvenir d'un devoir dignement rempli. Depuis qu'il a rejoint sa famille dans l'exil, le prince n'a cessé de résider à Claremont.

Après la chute de l'Empire, en 1870, il est rentré en France avec ses frères et ses neveux , et depuis s'est constamment tenu à l'écart de la politique. Le duc de Nemours, dont la ressemblance physique avec son illustre aïeul Henri IV est remarquable, a toujours fui la popularité. Ses hautes qualités, son désintéressement, la noblesse de son caractère, sont relevées par une rare modestie, et une réserve qui ont été, souvent et bien inconsidérément, prises pour de la hauteur et de la morgue.

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