CHAPITRE VIII
naud (1) ; le colonel Korte ; le lieutenant-colonel Tar-
(1) Saint- Arnaud (Jacques Leroy de), maréchal de fiance, né à Paris en 1798, mort en 1854, était fils d'un ancien avocat au Parlement, qui fut depuis membre du tribunat et préfet de l'Aude. Après avoir fait ses études au lycée Napoléon, il entra, en 1816, dans les gardes du corps, passa sous-lieutenant successivement dans la légion départementale de la Corse, dans celle des Bouchesdu-Bhône, et au 49* de ligne; quitta le service actif, pour aller, en 1822, combattre comme volontaire pour la cause hellénique ; voyagea à l'étranger pendant quelques années, et, en 1831, reprit son grade dans le 64« de ligne. Promu lieutenant, il prit part à la guerre de Vendée, fut officier d'ordonnance du général Bugeaud, et l'accompagna à Blaye. En 1836, envoyé en Afrique dans la légion étrangère, il y fut nommé capitaine en 1837, et prit une part héroïque à l'assaut de Constantine. Après la prise de Djidjilly, sa belle conduite lui valut d'être mis à l'ordre du jour de l'armée. Il devint l'année suivante chef de bataillon au 18* léger en 1840, au corps des zouaves en 1841 ; lieutenant-colonel du ô3* de ligne en 1842 ; colonel du 32", puis du 63<'en 1844. Son avancement était le prix de la valeur qu'il avait déidoyée à l' assaut de Constantine, à l'attaque du col de Mouzaia et à la prise de Mascara. Après avoir commandé les subdivisions de Milianah et d'Orléansvillt, il comprima l'insurrection du Dahra (1845-1847), réduisit Bou-lCaca à se constituer prisonnier, fut récompensé par le grade de maréchal de camp (1847). 11 commanda la subdivision de Mostaganem après la révolution de février 1848, celle d'Alger en 1849, dirigea une expédition brillante dans la Eabylie de Bougie, fut élevé en 1850 au commandement supérieur de la division de Gonstantine^ et subjugua en 1851 la petite Kabylie.
Signalé au Prînoe-Pïéside&ti la fânéral de Saint-Arnaud, fut mis à la tête de la 2«: division de l'armée de ParÎB, et bientôt appelé au ministère de la guerre. Il exécuta les mesures militaires qui devaient assurer le coup d'État du 2 décembre et lors du rétablissement de l'Empire, en 1852, reçut le bâton de maréchal de France et le titre de grand écuyer de l'Empereur. Son administration a été signalée par de nombreuses améliorations dans le service : reconstitution du cadre d'état-major général de l'armée, et rétablissement de la section de réserve pour les officiers généraux et les lut^idants militaires ; augmentation de la solde des sous-officiers de toutes armes ; amélioration du pain du soldat ; réorganisation de la gendarmerie, de l'artillerie, du corps de santé de l'armée de terre, de l'école de cavalerie de Saumur ; création d'une section de cavalerie à l'école impériale militaire de Saint-Cyr, formation du régiment des guides, de deux nouveaux régiments de zouaves ; de dix nouveaux bataillons de chasseurs à pied et d'un régiment de tirailleurs algériens.
Quand éclata la guerre ayeola Bussie, en 1854, Saint- Arnaud reçut le commandement en chef de l'armée d'Orient. H opéra une heureuse descente en Crimée, de concert avec lord Raglan, gagna la bataille de l'Aima, et, au moment d'attaquer Sébastopol, suocomba à la maladie qui le minait depuis longtemps. Sa lutte contre la douleur et sa mort debout, furent dignes de l'antiquité. Son corps a été déposé aux InyaUdes, et son buste en bronze a été placé dans la cour du lycée Napoléon. Le maréchal Saint- Arnaud était un officier actif, infatigable, plein de bravoure, de résolntûm et de prévoyance, un taotiden habile, un administrateur intelligent, n a laissé des letties (Paris 1855), ravissante* d'esprit et
tas ; le lieutenant Valabrègue ; le capitaine d' AUonville ; le maréchal des logis Marguerite.
A la veille de la bataille de Milianah, les Arabes, voulant sans doute montrer que le ravitaillement de Medeah ne les avait point intimidés, prenaient l'offensive tout près d'Alger, en arrière des corps expéditionnaires, en attaquant Koleah.
Sidi-Mohammed Ben Allai Embarek, bey de Milianah, se heurta infructueusement à l'énergie du commandant Poerio. Mais, se détournant vers Staouëli, il y enleva le ce troupeau de V administratîon » et ne nous tua pas moins de quarante hommes, ainsi que leur chef, le capitaine Muller, de la légion étrangère. Tloins de vingt jours après, le 19 mai, dans une entrevue avec M^ Dupuch, évêque d'Alger, le même jpersonnage musulman remettait cent vingt-huit prisonniers chrétiens, parmi lesquels le sous-intendant militaire Massot, enlevé avec sa famille, sous le maréchal Valée, près de Douera, aux portes d'Alger!
Bien que les négociations eussent été entamées par le vénérable évoque avant le départ du maréchal Valée, il est permis de croire que la vigueur des premières attaques du général Bugeaud ne fut pas étrangère }\ cet acte d'humanité fait au nom d'Abdel-Kader et par son propre frère , au lendemain même de l'attaque de Coleah et de Staouëli.
lie iiatiiTL'l, et- fort précieuses par leurs détails sur la conquête de l'Algérie. Malgré les outnige?* et les calomnies que les ennemis du régime impérial ont cherché i\ amasser sur la tête du maréchal Saint-Arnaud, l'homme, en dépit de sa ])ro(ligalité et île sou insouciance d;ins les (questions d'argent| demeiuera néanmoins comme imc des pcHïOnualités les plus brillantes et les plus originales de oe temps. Sa mort héroïque et chiétienne nichètera bien des fautes.