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CHAPITRE IX

Tackdempt et Saïda. — 1841.

Départ du gouverneur général pour Hostaganem (18 mai). — Marche sur Tackdempt. — Eapport au ministre de la guerre (ô juin). — Les zouaves et la cavalerie arabe. — Mascara. — Lettre des cheiks au gouverneur général. — Départ du duc de Nemours pour la France. — Les députés à l'armée. — Lettre du commandant Saint- Arnaud. — Destruction de Boghar et Thaza (21-25 juin 1841) par le général Baraguey-d'HUliers. — Ordre du jour du gouverneur. — Conseils aux soldats. — Nouvelle expédition sur Mascara.

— Application du système de guerre. — Les deux zones. — Envoi de l'interprète Léon Roches à la Mecque. — La Fettoua. <x La terre appartient à Dieu, il la donne en héritage à ceux qu'il a choisis. j> •—' Remaniement de la direction des affaires arabes confiée au commandant Daumas. — Airhrée de la famille du gonvemenr (6 septembre). — Lettre à sa fille. — Le général Lamoricière ravitaille de nouveau Medeah et Milianah (22 septembre). — Expédition de Sû'da (18 septembre — 5 novembre). — Destruction de la Ghetna de Sidî,-Mahiddin, maison paternelle de l'Émir. — Prise de Saïda évacuée par les Arabes. — Retour à Alger (10 novembre). — Ordre du jour agricole aux troupes. — Échec du soldat-laboureur. — Lettre à M. Gardère.

— Résumé de l'année.

Le lendemain du jour où le gouverneur général envoyait à Paris son important rapport sur la campagne du Chélif, il laissait au général Baraguey-d'Hilliers le commandement de la province d'Alger et s'embarquait pour l'Ouest.

A son arrivée à Mostaganem, le 15 mai, il trouva les troupes que Lamoricière lui amenait d'Oran. Le 8 commençait la campagne de Tackdempt : quin»

LE MÂB]éCHAL BUGEAUD.

È3 après, Tarmée rentrait à Mostaganem son point épart.

Voici en quels termes, le général Bugeaud rendait compte de cette courte campagne au ministre de la guerre.

Monsieur le Maréchal^ je suis parti le 18 de Mostaganem, ainsi que j'avais eu l'honneur de vous Tannoncer.

Les prolonges d'artillerie et du génie étaient chargées de munitions, d'outils et autre matériel, pour le siège présumé de Tackdempt.

Les moyens de transport qui étaient à ma disposition ont été employés pour l'organisation de ce service et pour celui des ambulances ; j'ai ajouté à ces moyens tout ce que mes ressources me permettaient de faire ; chaque soldat portait des vivres pour huit jours et les chevaux de la cavalerie étaient chargés d'un sac de 60 kilogrammes de ue.

Le dévouement de ma cavalerie a rendu un service signalé à l'armée. Des cavaliers ont porté leur sac jusqu'à Mascara, tour à tour soldats du train des équipages, et cavaliers, quand il fallait combattre.

Après plusieurs petits combats d'arrière-garde et de flanc, nous sommes arrivés devant Tackdempt le 25 mai, et nous en avons pris possession pendant un engagement très vif entre les zouaves et la cavalerie ennemie qui était sur les hauteurs voisines. Ce combat fait beaucoup d'honneur aux zouaves, corps vraiment d'élite (1).

(1) Un arrêté du !•' octobre 1880, approuvé par nne ordonnance royale da 21 mars 1881, créa deoz bataillons qui reçurent le nom de zouayes, en arabe Zowuma, Les Zouaoua sont une tribu ou plutôt une confédération de tribus kabyles qui habitent les gorges les plus reculées du Jurjura, race d'hommes fiers, intrépides, laborieux, dont la soumission aux Turcs ne fut jamais quenominale, mais fort connus 4 Alger, où les appelait sans cesse le besoin d'échanger leurs huiles

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