‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 144 sur 294 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

tion à laquelle il était du reste d'avance résigné. Mais avant de posséder le sol arabe, les Français' devaient lutter pas à pas, et se tenir jour et nuit sur leurs gardes , sans paix ni trêve.

La petite armée du général Bugeaud, arrivée à Mascara le 30 mai, y laissa trois bataillons sous les ordres du colonel Tempoure, en même temps qu'un approvisionnement de cinquante jours. Quant au reste du corps expéditionnaire, il prit, le V juin, la direction de Mostaganem, non sans être vivement inquiété, comme le signale le gouverneur dans son rapport, sur T arrière-garde commandée par le général Levasseur.

Le 3 juin, Tarmée arrivait à Mostaganem, oh M.^"" le duc de Nemours s'embarqua pour rentrer en France. Le général Bugeaud était revenu dans cette place pour y prendre le matériel nécessaire à la garnison de Mascara. Les transports considérables arrivèrent à Mascara le 10 juin, avec Tannée. C'est alors que pour ravitailler cette place et augmenter ses approvisionnements, le sage gouverneur pensa qu'au lieu de brûler les moissons de la plaine fertile d'Ehgris, il était plus logique et plus simple de les récolter. Pendant plus de quinze jours, nos soldats, la faucille d'une main et le fusil de l'autre, parcoururent les parties les plus accessibles du territoire des Hachem-Ehgrès. Le colonel Tempoure, malade, fut rem-

L placé à Mascara par le lieutenant-colonel Gery et Tarmée rentra à Mostaganem le 27.

En même temps, un ordre du jour, daté'duquar-

tîer général de Mostaganem, 5 juin 1841, annonçait en ces termes le départ du duc de Nemours :

ORDRE DE LA COLONNE EXP]£dITIONNAIB£.

S. A. R. M*' le duc de Nemours rentre en France après avoir partagé, durant ces expéditions, la fatigue et la gloire de nos soldats. L'armée avait appris à connaître le Prince à Constantine : son nouveau séjour dans les rangs n'a pu que resserrer les liens qui l'unissaient à elle.

Son souvenir vivra dans les trois provinces , car il a fait les guerres avec les trois grandes divisions de cette armée, dont le Prince a su apprécier le courage et la constance. L'armée vivra aussi dans son cœur ; il dira au Boi combien elle a mérité et peut mériter encore l'estime de la patrie, ce qui est le mobile de ses actions.

M. le général de Lamoricière reprend, sous mes ordres , le commandement général de la colonne expéditionnaire.

Le gouverneur général.

Signé: Bugbaud.

Pour copie conforme, Lé lieutenant-colonel chef d'état-major général.

Signé : A. Pelissier.

Le fils du Koi rentra en France. C'était la dernière fois qu'il touchait le sol d'Afrique. La mort de son frère ^né devait désormais le retenir, auprès du Roi, dans la mère patrie.

Après des engagements assez vifs avec la tribu des Metdjar, sur le territoire de laquelle Mostaganem est bâtie, le général revint à Alger, mais pour

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