‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 146 sur 294 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

homme, dix contre dix, cent contre cent, mille contre mille, et tu verras si nous reculerons. Vois-tu la vague se soulever quand l'oiseau l'effleure de son aile? c'est l'imoge de ton passage en Afrique...

Pendant ce temps-là, le général Baraguey-d'Hilliers terminait ses opérations, que le Moniteur algérien du 8 juin résumait ainsi. « La division expéditionnaire partie de Blidah le 18 mai a ravitaillé Medeah le 19 ; est partie de cette ville le 21 ; a détruit Boghar le 23, Thaza le 25 ; a laissé des approvisionnements à Milianah le 29 ; a touché de nouveau Medeah le 31 ; et est rentrée à Blidah le 2 juin.

a Nulle part l'ennemi ne lui a opposé de résistance sérieuse et elle est rentrée avec un très petit nombre de blessés.

a S. A. R. M^ le duc d'Aumale, qui a toujours partagé ses fatigues et ses privations, n'a cessé d'encourager les troupes par son exemple, d

V anld

(1) Le général Baraguey-d'Hilliers (Achille) est né à Paris en 1795. Engagé soldat dès Tenfance, il eut le poignet gauche emporté à la bataille de Leipzig. Après la chute de FEmpire, il se rallia avec enthousiasme à la maison des Bonrbons, et fit partie de la garde royale. U fut nommé colonel après la prise d'Alger. En 1832 le roi Louis-Philippe lui confia le commandement en second de l'École Saint-Cyr, puis de l'École poljrtechnique. En 1840, il fut renvoyé en Algérie et eut le duc d'Aumale sous ses ordres. Lieutenant général en 1843, et chargé du commandement de Constantine, il fut mis en. disponibilité l'année suivante à la suite de quelques revers. — Nommé en 1848 représentant par le département du Doubs, le général Baraguey-d'Hilliers siégea toujours à droite, et après le 2 décembre se rallia au prince Napoléon. U commanda un corps expéditionnaire dans la Baltique et s'empara de Bomarsund. Depuis, il prit une part active et brillante à la campagne d'Italie (1859) où il gagna la bataille de Melegnano. Pendant toute la guerre de 1870,1e maréchal Baraguey-d'Hilliers vécut à l'écart^ refusa, en 1873, de présider le conseil de guerre appelé à juger le maréchal Bazaine. Le maréchid Baraguey-d'Hilliers avait l'esprit prompt et de grandea qualités militaires, mais un caractère entier et difficile.

306 LE MARÉCHAL BUGBAUD.

A son retour de Mostaganem le général en chef publia au sujet de Texpédition de son lieutenant à Boghar et à Thaza Tordre du jour suivant :

Soldats de la division d'Alger,

Si je n'ai pu partager les travaux et la gloire de vos dernières expéditions, j'ai vu avec détail, par les rapports du brave général qui vous commandait, quq vous aviez donné de nouvelles preuves du courage que j'ai toujours admiré en vous.

Mais cela vous était facile. Ce dont il faut vous louer, c'est d'avoir supporté avec constance les marches pénibles, la chaleur excessive, la soif ardente et toutes les privations qui accompagnent la guerre, dans un pays où l'ennemi en fuyant ne laisse au vainqueur qu'une terre brûlante, dépourvue de tonte habitation, n'offrant enfin aucune de ces compensations qu'on trouve en Europe après des &tigues souvent moins prolongées, et qui nourrissent la guerre par la guerre...

Reposez- vous, soldats ; vous en avez acquis le droit, mais, en même temps, préparez-vous à de nouveaux efforts, si les Arabes (1), écoutant la voix de leur aveugle fanatisme plus que celle du danger qui les menace, ne s'empressent de se soumettre.

Le lieutenant général, gouverneur général,

Signé: Bugeaub.

lô JuiUet 1841.

(1) Arahe et Kabyle, — L'Arabe est nomade ; il transporte sa tente au traveis des plaines comme an temps des patriarches de la Bible. Le Kabyle Tit groapé dans des villages, plus généralement dans les régions de montagnes.

Le premier est venu d'Asie avec la conquête ; le second descend dee aborigènes. Il parle un dialecte spécial où Ton retrouve des traces d'one origine an-

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