CHAPITRE PREMIER
I La place de Tlemcen était bien gardée ; mais nos troupes, isolées, bloquées comme dans une île, au miles expéditions de Medeah, de Bouffarik et de Cherchell, dans- les combats d'Ouara , du col de Mouzaïa et de rAffroun. Il fut nommé chef de bataillon dans les zouaves en 1840, puis dans l'infanterie légère d'Afrique, et contribua, la même année , à la prise de Cherchell qu'il défendit ensuite avec succès contre une attaque des Arabes. Nommé lieutenant-colonel des zouaves pour ce brillant exploit , il fit partie de l'expédition sur Medeah , combattit avec gloire les Beni-Menad, au passage du Shaba-el-Kessa. B se fit encore remarquer en 1841 devant Tackdempt, et remplaça Lamoricière comme colonel dea zouaves. En 1842, il prit une part importante au combat d'El-Harbour contre les £eni-Bachel. Il passa au 32' régiment de ligne peu de temps avant la bataille d'isly (1844), où il dirigea l'avant -garde, gagna le grade de maréchal de camp, et reçut le commandement supérieur de la province d'Oran.
Après la révolution de 1848, la République lui conféra le grade de général de division et le gouvernement général de l'Algérie. Député du Lot à l'Assemblée constituante, Cavaignac arriva à Paris le surlendemain du 15 mai, où la représentation nationale avait été violée par l'émeute, et accepta de la commission executive le ministère de la Guerre. Un mois après , lors de la formidable insurrection de juin , l'Assemblée lui confia à l'unanimité le soin de défendre Paris et la république. Selon les adversaires du général , il y aurait eu calcul de sa part à ne pas agir immédiatement avec vigueur, à laisser le péril s'aggraver et le nombre des insurgés s'accroître, à leur abandonner plusieurs quartiers de la ville, pour amener les représentants à lui déférer la dictature. Ses amis prétendent', au contraire, et avec plus de vraisemblance, qu'il agit avec une grande sagesse, en complétant d'abord les préparatifs do défense et d'attaque nécessités par la grandeur du danger, en n'exposant pas & des échecs une armée numériquement insuffisante , et peut-être démoralisée, et en appelant des environs de Paris toutes les forces disponibles , pour frapper l'insurrection sur tous les points à la fois et avec certitude de succès. En effet, la répression fut vigoureuse et complète, et lorsque après la victoire, Cavaignac vint remettre à l'Assemblée les pouvoirs discrétionnaires qu'elle lui avait donnés, il fut nommé, par acclamation, chef responsable du pouvoir exécutif, et on déclara qu'il avait bien mérité de la patrie.
Quand vint l'élection à la présidence delà République, le patriotisme et le désintéresseûient de Cavaignac ne furent pas, aux yeux de la France, une garantie suffisante pour le rétablissement de l'ordre et de la sécurité , alors que , maître absolu de l'autorité , il s'était entouré d'hommes déjà compromis dans l'opinion, ou manifestement inhabiles. Le 20 décembre 1848, Cavaignac descendit du pouvoir avec dignité. Depuis ce jour, se regardant comme solidaire de ses amis politiques auxquels tout échappait , il fit au président de la République une opposition qu'on a pu attribuer au désappointement, et la poussa jusqu'à se rapprocher des hommes qu'il avait combattus dans les journées de juin. Au coup d'État du 2 décembre 1851, il fut arrêté par mesure de précaution et transporté à Ham. Relâché quelques jours après , il demanda sa mise en retraite, et rentra dans la vie privée. Élu député de Paris en 1862, il refusa de prêter serment , et fut déclaré démissionnaire par un vote du Corps légis-
lieu de populations la plupart hostiles, manquaient de vivres. Bugeaud l'approvisionna, puis, laissant ses éclopés,. revint au camp de la Tafna, où il séjourna plusieurs jours. Le 4 juillet, il se remit en marche sur Tlemcen ; le 6 , il rencontra l'Emir qui venait enfin lui barrer le passage.
C'était pour la première fois que se rencontraient ces deux grands champions, qui, pendant de si longues années encore, devaient lutter d'audace, de finesse et d'intrépidité. Quarante-six années, presque un demisiècle, se sont écoulées depuis .ce jour. Seul peut-être de tous les chefs arabes , de tous les officiers français qui se trouvaient le 6 juillet 1836 sur Içs bords de la Sickack, l'émir Abdel-Kader est aujourd'hui survivant. Ce fut d'ailleurs l'unique bataille rangée que le grand chef arabe livra aux Français. Il comprit vite, avec sa merveilleuse intelligence, que la lutte contre les envahisseurs était impossible, continuée dans ces conditions, et c'est de ce jour qu'il adopta le mode de harcèlements, d'embuscades et de retraites, dont le génie du général Bugeaud pouvait seul triompher.
Faire nous-même le récit de cette journée nous paraît inutile en présence des documents authentiques émanés du général lui-même, et c'est donc à lui que nous laisserons la parole.
Voici la dépêche télégraphique que le général Bugeaud adressa au ministre, maréchal Maison, pour lui annoncer la victoire de la Sickack :
latif. Il venait de recevoir un nouveau mandiit aux élections de 1857 lorsque la mort l'a enlevé.