‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 153 sur 294 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

plume comme d'épée (1). C'est à la même époque que le général Bugeaud, distinguant le mérite du capitaine d'état-major d'AUonville, lui confiait le commandement supérieur de toutes les troupes indigènes irrégulières de la province d'Alger (arrêté du 16 août 1841).

/"^ peine eut-il installé M""® Bugeaud et ses en- /fants au palais du gouvernement, que l'impatient soldat quitta sa famille pour entrer en campagne. Le 18 septembre, le gouverneur général était à Mostaganem. En route il n'avait pas perdu son temps ; il avait visité Cherchell, le seul point de la colonie qu'il ne connût pas encore ; il avait aussi rédigé des arrêtés à bord du Phare; et un, notamment, pour interdire l'exportation du bétail, mesure fort utile, eu égard aux besoins considérables de l'armée. A peine

(1) Joseph-Eugène Dauxnas, né le 4 septembre 1808, entra dans l'armée comme volontaire en 1822. Il fut envoyé & Saumur en 1827 ; en 1886 il s'embarquait pour l'Algérie, et fit sous le maréchal Clauzel les campagnes de Mascara et de Tlemcen. — Son ardeur pour l'étude de la langue arabe le fit distinguer aussitôt et il ne tarda pas & acquérir dans l'armée une situation à part, grâce à sa connaissance spéciale des mœurs algériennes. — U fut envoyé pendant la paix auprès d'Abdel-Kader, & Mascara, de 1837 à 1889. — Chargé par le général Lamoricière de la direction des affaires arabes dans la province d'Oran, il concentra, à l'arrivée du général Bugeaud (1841), toutes les affaires indigènes. — 1\ fut un des organisateurs les plus utiles des bureaux arabes.

Après la prise de l'Émir par le duc d'Aumale en 1817, il accompagna Abdel- Eader en France au fort Lamalgue et contribua à adoucir les premiers temps de sa captivité. — Rentré en Afrique en 1849, il prit part à une expédition en Kabylie. — En 1850, il fut nommé directeur des attires de l'Algérie au ministère de la guerre. Combien de fois n'a-t-on pas eu & regretter que cette direction ait été rattachée au ministère de l'intérieur! Sénateur en 1867, le général Daumas était grand-croix de la Légion d'honneur. U est mort en 1871 dans le département de la Gironde. — Il a laissé des ouvrages fort appréciés sur l'Afrique, et nul ne la connaissait mieux que luL — U faut citer U 8<ihara Algérien, Mœurs et Coutumes de V Algérie, les Chevaux du Sahara, la Kabylie, la Vie arabe et la Société musulmane.

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débarqué, il commençait la longue campagne d'automne qui devait aboutir à la prise de Ssuda.

Tandis que, les 22 et 23 septembre , Lamoricière opérait à Mascara un ravitaillement rapide, le gouverneur général, opérant sur la Mina, affluent du Chélif inférieur, faisait, en vue d' Abdel-Kader en personne, une razzia de 2,200 bœufs et 3,700 moutons. Ce fut le combat de Sidi-Yahia, qui coûta, en .outre, à Tennemî, un grand nombre de chevaux et mulets, deux cents hommes tués et trois cent vingt-quatre prisonniers.

Au sud de Mascara, à 18 lieues de la ville, Abdel- Kader avait fondé la forteresse de Saïda sur une petite chaîne de montagne, à la lisière méridionale de la chaîne d'Ehgris.

Pendant que les généraux Lamoricière et Levasseur se dirigeaient encore une fois sur Mascara avec un fort convoi de ravitaillement, Bugeaud, à la tête d'une seconde colonne qu'il avait qualifiée, on ne sait trop pourquoi, du nom assez bizarre de m colonne politique d se mettait à la poursuite de l'Émir.

Il rallia ses deux lieutenants dans la nuit du 6 au 7 octobre. Le 8, il y eut un combat assez animé dans lequel nous comptâmes dix tués et seize blessés (1).

Quelques jours après (16 octobre) l'armée allait détruire la OtLetna de Sidi-Mahi-Eddin, où se trouvait la maison paternelle de l'Émir. Cette Guetna était

(1) Entre antres citations à l'ordre du jour, à Toccasion de ce combat du 8 octobre, nous voyons les lieutenants-colonela Tartas et YuBuf, le capitaine Walsin-Estherazy.

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