‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 162 sur 294 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le Gouverneur général à M"*^ Bugeaud,

Sidi-Ali ben Aïchoun, sur l'Oued Fodda, 1842 (sans date, mais antérieure au 10 juin).

Chère amie, malgré le mauvais temps, j'ai visité toutes les tribus au sud et au nord de l'Ouarensènis. A peu près toutes m'ont fait leur soumission et ont été condamnées au désarmement qui est commencé, mais qui s'opère avec lenteur.

Au total, cette insurrection assez vaste touche à sa fîi), et en dernière analyse elle nous sera favorable, car les fers des indigènes seront mieux rivés qu'auparavant.

Je serai à *** demain à huit heures du matin ; j'y trouverai tes lettres et des nouvelles de tous les miens ; je serai bien heureux!

Je me porte à merveille, si ce n'est que j'ai les lèvres brûlées par un coup de soleil. Mille tendresses, etc.

P. S. — Je tâcherai d'aller vous visiter le 10 juin ; tâchez de m'at tendre jusque-là.

Dans sa sollicitude paternelle, Bugeaud souhaitait d'embrasser les siens ; toutefois il ne voulait pas retarder leur départ avant les fortes chaleurs souvent meurtrières. II annonçait son retour pour le 10 juin et rentra effectivement le 11 à Alger. M""® Bugeaud et sa jeune famille s'embarquèrent le 20 juin pour la France sur le Phare^ commandant Fourichon.

Après six semaines d'absence, le gouverneur général revenait d'Oran le 11 juin. Il avait pris en personne le commandement de la division d'Oran et l'avait

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amenée par terre jusqu'à Blidah, en suivant, dans la vallée du Chélif, à peu près le tracé de la ligne actuelle du chemin de fer d'Alger à Oran.

(L La division d'Oran si impatiemment attendue, dit le Moniteur algérien du 15 juin 1842, est arrivée le 9, au débouché de TOued Djer, dans la Mitidjah. Elle a remonté toute la vallée du Chélif depuis la Mina, en passant tantôt sur une rive, tantôt sur l'autre. Nulle part, elle n'a trouvé d'ennemis sérieux. Ou les tribus se soumettaient, ou elles s'enfonçaient dans les montagnes, en faisant dire qu'elles n'étaient point hostiles , mais qu'elles craignaient, plus tard, de n'être pas suflSsamment protégées contre les terribles représailles des khalifas d'Abdel-Kader. d

La jonction de la division d'Oran et de celle d'Alger du général de Bar et du général Changamier se fit à l'Oued Kuina, à une petite marche d'El-Kantara sous Milianah. Soldats et officiers fraternisèrent avec effusion, puis les deux colonnes se séparèrent de nouveau.

Après quelques jours de repos à Blidah, la division d'Oran retourna dans sa province par la même voie, en parcourant une deuxième fois la vallée du Chélif. Elle ne fut pas plus inquiétée qu'à son premier trajet.

Rentré à Alger le 11 juin 1842, plus tôt qu'il ne l'avait sans doute pehsé lors de son départ, le gouverneur général, après avoir embarqué sa famille, demeura, pendant quatre mois, dans un repos qui ne lui était pas habituel. Il semblait se recueillir et chercher un ennemi qui ne se montrait guère, attendant une

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