‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 165 sur 294 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

a Vous abandonnez donc la foi de vos pères, leur dit-il, a et vous vous livrez lâchement aux chrétiens ! N'avez-vous « donc pas assez de courage et de persévérance pour supd porter encore quelque temps les maux de la guerre? (c Encore quelques mois de résistance et vous lasserez les « infidèles qui souillent notre sol. Mais si vous n'êtes plus « de vrais musulmans, si vous faites un honteux abandon « de votre religion et de tous les biens que Dieu vous a <£ donnés, ne croyez pas, par cette faiblesse indigne, que ■ ce vous obtiendrez le repos. Tant qu'il me restera un souffle c< de vie, je ferai la guerre aux chrétiens, et je vous suivrai, (( je vous reprocherai en face votre honte; pour vous punir ce de votre lâcheté je troublerai votre sommeil par les coups ce de fusil qui retentiront autour de vos douairs devenus

chrétiens! d

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e général Bugeaud profita de cet été de 1842 pour donner à la colonisation une impulsion jusquelà inconnue. L'on fit cette année pour la colonisation plus que durant les douze années qui avaient précédé (1). Neuf villages étaient actuellement installés; neuf autres le furent Tannée suivante.

Le 16 octobre au soir, le vapeur le Météore débar-

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(1) Les neiif villages de 1842, sont Fouka, Draria, l'Achow, les Cheragas, Douera, Boukandoura, Staoueli, Saoula et Ouled-Fayet.

Les neuf annoncés pour 1843 étaient Béni-Mered et Ouled-Yaich (district de Blidah) ; Ouled-Mendil, Mahelma, Sidi-Sliman, Baba-Hassem (district de Douera) ; El-Hadjar et Douaouda (rives du Mazafran), Sidi-Feruch, village maritime.

Le 16 novembre 1842, un arrêté créa Birkadem.

Le village de BoakanÉOnra, créé en 1842, reçut presque immédiatement le nom de Saint-Ferdinand Jl l'honneur du prince royal qui venait de mourir. Une souscription publique ayant pour objet d'élever à Alger un monument au regretté duc d'Orléans se couvrit de signatures. L'armée prit le deuil et ne le quitta que le 14 décembre (voir note, page 359).

quait à Alger vîngt-neuf familles comprenant ensemble soixante-onze personnes. C'étaient des colons civils volontairement venus de l'arrondissement de Grasse. Bugeaud donnait Tordre au comte Guyot, directeur de l'intérieur, de les recevoir en personne. Des voiture fournies par l'administration transportaient dans les centres nouveaux le mobilier, les grains, les instruments aratoires. Des lots de terre sur chacun desquels était dressé un baraquement furent tirés au sort entre les nouveaux venus. Dès le soir même, sous des abris provisoires, chacun était installé chez lui.

Le journal oflBciel et particulier du gouverneur dépeignait, comme il suit, les progrès réalisés :

Nombre de personnes répètent avec assurance sur Tune et l'autre rive de la Méditerranée : Nous n'avons obtenu ancnn résultat en Afrique.

Cependant, les villes du littoral sont relevées, celles de l'intérieur sortent de leurs ruines ; des villages se construi* sent et se peuplent sur dix points différents... D'une extrémité à l'autre l'Algérie se couvre de casernes, d'hôpitaux, de magasins, d'églises, d'écoles, de marchés, de fontaines, d'édifices publics et privés.

... Des chambres de commerce et des entrepôts s'ouvrent sur nos côtes ; la population civile s'élève en sept ans, de 25 à 40,000 &mes ; l'industrie, le commerce, la calture, les revenus croissent de jour en jour : les forêts, dont l'existence même était contestée, commencent à être exploitées. Des phares se dressent sur toutes nos côtes ; les quais s'élargissent ; le môle d'Alger prolonge de jour en jour, dans la mer, l'immense bras qui la maîtrise ; des routes nouvelles,

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