‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 166 sur 294 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

inconnues àTex-Régence, sillonnent le territoire... Des Européens, des Arabes, des Maures, des Israélites les parcourent incessamment sans escorte et sans armes...

Le 30 . août la France avait reçu la soumission des Isser, puissante tribu occupant les premières collines à Test de la grande plaine. Cette soumission complétait la pacification des tribus de la Mitîdjah.

Toutefois notre infatigable général méditait de se remettre en campagne. Après une pointe, sur Oran (du 3 au 11 septembre), il partit pour une expédition dans TEst, au delà des Isser oh un petit chef, nommé Ben-Salem, occupait la vallée du Sebaou.

La famille du gouverneur général, depuis longtemps absente, était sur le point de rentrer en France. Mais pour le général Bugeaud, les devoirs militaires primaient les affections de famille. Dans la lettre touchante qui suit, le gouverneur général fait connaître à W^^ Bugeaud qu'il ne pourra être présent à son retour.

Le Gouverneur général à M"^^ Bugeaud, aux Eaux de

Gréouls {Var).

Alger, le 3 septembre 1842.

Chère amie, cette lettre te trouvera à Gréouls. Tu es de 150 lieues plus près de moi ; mon cœur en palpite déjà. Mais aussi il s'afflige en pensant que selon toute apparence je ne serai pas à Alger pour te recevoir. Hélas! non, chère et tendre amie, je serai en campagne dans l'est de la Mitidjah. Voici l'emploi de mon temps : je pars aujourd'hui

pour la province d'Oran. Je serai de retour le 13 ou le 14 et du 20 au 25 je serai en route contre Ben-Salem et je ne rentrerai guère que du 15 au 20 octobre. C'est cruel, mais c'est indispensable. Tant qu'on est là, il faut faire son devoir largement. Aussi, avec quel bonheur je rentrerai près de vous, chères âmes ! Mais je ne verrai pas mon pauvre Charles. Enfin c'est pour son bien, c'est pour le conserver. Mes affaires continuent de prospérer ; je gagne du terrain dans l'Est. Il y a trois jours je recevais la soumission des* Isser, tribu puissante de la vallée de l'Isser. Aujourd'hui, je reçois celle de la tribu des Sliman sur le revers de l'Atlas sud-est et partie de la plaine de Hamza. C'est une grande tribu qui formerait à elle seule un agalick.

J'écrirai à M. Bosredon sur le bateau & vapeur ; je n'ai pas le temps aujourd'hui. Je serai de retour ici le 13 ou le 14; j'espère que je trouverai une lettre de toi et qu'il m'en arrivera une autre le 17 m'indiquant le jour de ton arrivée à Toulon ou à Marseille afin que je t'envoie le Phare. S'il y avait du retard dans ton arrivée, j'écris en même temps à M™*^ de Bar pour la prier, en mon absence et en celle de son mari, qui sera en campagne jusqu'au 23 ou 24, de demander à l'amiral de t'envoyer le Phare. Toutes les lettres et personnes qui arrivent de Paris assurent qu'on y est enchanté de nous, et que j'y suis populaire...

Mille baisers bien tendres pour vous trois. Mille fois adieu.

BUGEAUD

Laissant, selon son usage, le soin de l'intérieur à son fidèle ami le général de Bar, le gouverneur partit

le 29 septembre à la tête de la colonne qui allait opérer dans TEst au delà des gorges des Isser.

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