‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 168 sur 294 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

et poissante et vous deviendrez grands et poissants avec elle. Si voos oobliez votre engagement d'aojoord'hoi, malheor ! Car, je te le dis, et je te l'ai proové : je peox voos atteindre •dans vos montagnes. Les enfants se rappelleront longtemps la faote de leors pères. Je ne voos toerai pas ; je ne massacrerai pas les femmes et les vieillards comme le fait l'Émir ; mais je voos ferai jeter à bord d'un vaisseao, conduire prisonniers en France, et voos ne reverrez jamais votre pays !

La guerre, cette année, vous a ruinés. Je vous fais remise des impôts ; mais disposez-vous à les acquitter exactement l'année prochaine (1).

Peu de jours après ce& succès, le général Bugeaud écrivait à M. Guizot, la lettre suivante :

Le général Bugeaud, à M. Guizot, ministre des A f aires

étrangères,

Alger, septembre 1842.

Je viens de terminer prématurément, à cause des pluies, une campagne dans l'Est contre Ben Salem, cinqoième khalifa (lieotenant) d' Abdel-Kader. Je crois avoir à peo près détroit sa poissance. Je loi ai enlevé toot ce qo'il avait de

(1) Dans la réponse du khalifa après la cérémonie de l'investiture, on remarque les passages suivants :

ce Tu as été terrible avec tes ennemis, et aussitôt après ta victoire, tu as oublié ta force pour ne songer qu'à la miséricorde, la plus belle qualité que Dieu puisse donner aux sultans I...

«[ Ton arrivée dans le pays des Arabes a été le lever d'un astre. Tu as renversé la muraille qui s'élevait entre chrétiens et musulmans ; tous tes ennemis ont dû reconnaître que le doigt de Dieu t'avait marqué pour les gouverner. Tous ont entrevu par toi des jours de paix et de tranquillité. Tous t'ont donné spontanément le surnom de Bou Saad (Père du Bonheur), d

bean et de bon dans son gouvernement. Il ne loi reste que quelques tribus kabyles sur lesquelles il a conservé son crédit. Cette expédition serait des plus heureuses, si je n'y avais perdu un de mes meilleurs officiers, le colonel Le-blond. Abdel-Kader, en homme de cœur et de valeur, lutte contre sa mauvaise fortune avec une énergie bien remarquable, n écrit de tous côtés pour faire prendre les armes, ou du moins pour entretenir le feu sacré. Partout où il voit l'espérance de ranimer un foyer de résistance, il s'y porte avec sa poignée de cavaliers fidèles et il parvient quelquefois à réunir douze à quinze cents hommes. H dispose encore, dit-on, d'une somme de deux ou trois millions et il paraît vouloir s'établir pour l'hiver dans les montagnes de l'Ouarensènis, entre le ChéhYet la Mina. Je travaille à jeter un pont sur cette dangereuse rivière, afin que les colonnes de Mostaganem puissent la franchir pour protéger les tribus soumises sur la rive droite et même attaquer l'Émir dans sa retraite après les grandes pluies. Dans tous les cas, au printemps, je l'étreindrai dans ce pâté montagneux avec trois colonnes et je pense qu'en quinze jours, je lui enlèverai ce refuge dans lequel il s'appuie sur plus de 20,000 fantassins kabyles.

Malgré les succès qui couronnaîent son activité, le général, qui malheureusement était touiours préoccupé des discussions de la Chambre, des attaques de la presse au sujet de l'Algérie, avait cru découvrir dans certains actes du ministre de la guerre l'intention de réduire Teffectif des troupes en Algérie. Il ne se borna pas à adresser des observations à son supérieur, le maréchal Soult, il voulut porter sa cause devant le public en publiant une brochure, dans laquelle il pro-

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