CHAPITRE PREMIER
reconnaît que sa présence est nécessaire sur un point où le combat devient sérieux, elle y accourt d'elle-même. C'est ce qu'elle a fait avec succès durant cette journée.
On voit par les dispositions indiquées que je vais livrer un combat double sous la figure d'une équerre.
Contre des armées européennes, cette disposition pourrait paraître vicieuse. On peut croire faible le sommet de l'angle qui peut être enveloppé et écrasé. Mais ici cet inconvénient était racheté par ces circonstances que l'une des lignes était couverte par le ravin et que l'autre appuyait sa droite au même obstacle. D'ailleurs, avec les Arabes il n'y a pas de mauvais ordre , pourvu que l'on ait de la fermeté et de la résolation. Je n'avais pu, du reste, choisir dans tout le pays un champ de bataille plus heureux que celui qiie m'offrait la fortune. Abdel-Kader avait derrière lui un plateau facile pour la cavalerie, de deux à trois lieues d'étendue et entouré sur trois côtés par la Sickack, l'Isser, la Tafna; de sorte que j'étais presque assuré, en le mettant en fuite, de l'acculer à un ravin où il devait éprouver des pertes , pourvu que la poursuite fût vigoureuse.
J'avais besoin de dix minutes de plus pour finir mes dispositions et distribuer les rôles avec précision. 11 fallait aussi donner le temps à l'ennemi de passer la Sickack afin de l'y précipiter. L'Émir n'a pas voulu me donner ces dix minutes. Il a jeté sur moi mes tirailleurs et mes spahis et s'est avancé en grosses masses informes poussant des cris affreux. J'ai jugé que c'était l'instant de prendre l'offensive à mon tour et qu'un mouvement rétrograde pouvait tout compromettre. Après avoir lancé des obus et de la mitraille sur cette vaste confusion, toutes les troupes à la fois se sont ébranlées à mon commandement et ont abordé l'ennemi avec une grande franchise.
44 LE MARECHAL BUGEAUT).
Le combat du plateau a été le plus considérable trois bataillons du colonel Combes, un du 47% dei 17° léger, ont agi avec une résolution et une vitesse r quables pour des troupes si fatiguées par les marcl par la chaleur. Les cavaliers arabes étaient si nom que la fusillade avec laquelle ils nous ont accueillis re blait à un feu de deux rangs de notre infanterie. I plié, mais avec lenteur. J'ai cru le moment favorable lancer sur eux le 2® chasseurs. J'ordonnai à ce rég une charge à fond qui eut d'abord un plein succèi Arabes qui se trouvèrent en face furent culbutés parti d'infanterie kabyle fut sabré. Mais l'aile droil Arabes ayant attaqué le flanc gauche des chasseurs, pe que d'un autre côté leur infanterie, sortie du ravin, les fu par le flanc droit, ils se sont retirés avec quelque pe sont rentrés sous la protection des bataillons que je me leur secours presque au pas de course. L'artillerie, aux du brave colonel Tournemine, suivait ces mouve rapides, bien que cela parût impossible auparavant a matériel des montagnes.
Les Arabes ont plié une seconde fois ; une second aussi, je leur ai envoyé ma cavalerie. Mais alors < cents Douairs m'avaient rejoint. Malheureusement aga Mustapha venait d'être blessé d'une balle à la Malgré la privation de cet excellent chef, ils m'ont de grands services ; eux et les chasseurs se sont coi de gloire. Tout a été culbuté^ et la cavalerie arabe, e: rassée par son nombre même, a perdu beaucoup d'hoi d'armes et de chevaux : ses morts et ses blessés restés en notre pouvoir.
Alors Abdel-Kader lui-même, dont nous avions t le drapeau en arrière, au milieu de son infanterie régi