‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 181 sur 294 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

de rÉmir dans le Titery, manœuvraient, en vertu d'ordres antérieurs, dès le 10 janvier au nord et à Test de Tackdempt.

Le 3 février, le général Changarnier rentrait à Milianah, après avoir châtié les tribus; le duc d'Aumale rentrait le même jour à Medeah. Quant à Abdel-Kader, se voyant menacé dans sa retraite , il avait encore disparu.

L'ennemi, battu deux fois par le général de Bar, à Touest de Cherchell, dit l'ordre général du 12 février, menacé par Changarnier qui a cruellement puni les rebelles, a disparu. On doit signaler de hardis coups de main de M^ le duc d'Aumale au sud-ouest de Milianah.

Ne trouvant plus Abdel-Kader, le gouverneur général ne voulut pas s'être mis inutilement en campagne. Depuis plusieurs mois, il avait une pensée persistante, et cette idée fixe le domina pendant le printemps de 1843 au point de lui faire abandonner à ses lieutenants Lamoricière et d'Aumale, l'honneur de poursuivre l'Emir en personne et de lui porter, en l'absence du général en chef, des coups terribles, et que l'on était fondé alors, à espérer, décisifs. Cette idée était celle de l'établissement d'un poste français sur le Chélif central , avec un port de ravitaillement sur un point correspondant de la côte, Tenès.

On se rappelle qu'au printemps de 1842 le gouverneur général avait envoyé de Cherchell vers ce point le général de Bar, lequel avait rétrogradé avant de pouvoir y parvenir. Une seconde fois Bugeaud y avait

expédié son plus solide lieutenant , Changarnier. Après la campagne de l'Ouarensènis, Changarnier avait été dépossédé, en faveur du duc d'Aumale, des commandements du Titery (Medeah et Milianah) où il faisait merveille depuis si longtemps, afia de se rabattre, par le Dahra, sur Tenès, et de s'y mamtenir. Changarnier n'y était pas resté ; il avait reculé devant une station ingrate, établie sur un plateau battu par les vents d'hiver et dénué de toute ressource. Le gouverneur général allait tenter l'aventure en personne, et y échouer comme ses lieutenants.

Parti de Cherchell le 27 janvier, il avait dû y rentrer le 7 février, après avoir obtenu quelques soumissions des tribus les plus voisines. Une épouvantable tempête de neige et de grêle avait assailli sa colonne, arraché les tentes, enlevé des bêtes de somme, des fusils, du matériel, et jusqu'à deux malheureux soldats.

a. Au retour du beau temps, dit le gouverneur général, quelque peu désappointé, dans son organe anonyme du Moniteur algérien du 10 février, on sera en mesure d'achever l'œuvre avec les garanties désirables de succès. »

Dans une lettre intéressante, adressée au duc d' Aumaie, le général Bugeaud a exposé les causes de sa marche rétrograde.

Le général Bugeaud à S. A, R. le due dAumale.

ChercheU, le 9 février 1843.

Mon Prince, J'ai reçu avec un bien grand plaisir le rapport de vos

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