‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 187 sur 294 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

«le trois cents kilomètres parallèlement à la Méditerranée, vers laquelle il se dirige dans son cours supérieur.

Au moment où le général Bugeaud conquérait ce territoire, la montagne comme la plaine n'avaient aucun centre appréciable de population.

L'armée, dans l'hiver de 1842, venait de tenir campagne pendant 47 jours ; elle avait parcouru toutes les montagnes de l'Ouarensènis entre le Chélif et la Mina. Une de ses colonnes était rentrée par le Dahra, Tenès et Chercliell. On avait obtenu la soumission, sincère ou non, de la presque totalité des tribus qui vivent sur ces vastes espaces.

Aucune de nos campagnes n'avait en apparence offert des résultats aussi satisfaisants; et certes ces avantages eussent été conservés, s'il nous eût été possible de laisser une partie de l'armée sur le Chélif central. Mais nous n'y avions aucun établissement, aucun dépôt de vivres et de munitions, et la saison n'était pas favorable pour y faire des créations de . cette nature.

Il fallut donc ramener les troupes derrière la première chaîne de l'Atlas.

Pour conquérir la vallée du Chélif, le Dahra et l'Ouarensènis, le général Bugeaud voulait, suivant le système exposé si souvent par lui à la tribune, une double base : le camp d'intérieur, et la place de ravitaillement, sur la côte.

A partir du 26 avril, date de son arrivée sur le terrain choisi à l'avance, Bugeaud procéda avec une

activité merveilleuse à la fondation des deux établissements à la fois.

Le camp du futur emplacement de la ville ne fut délimité sur le terrain que le 27. Un arrêté créa immédiatement la subdivision militaire d'El-Esnam :

Au camp d'El-Esnam, 26 avril 1848.

Le colonel Cavaignac est investi du commandement delà subdivision d'EI-Esnam et de la brigade active établie sur ce point.

Bien que le territoire d'El-Esnam soit compris dans la

province d'Oran, l'officier supérieur commandant sur ce

point correspondra directement avec le gouverneur général.

Toutefois, il adressera directement des rapports généraux

au commandant de la province, qui conserve le commande-

ment supérieur des troupes rassemblées à El-Esnam. Le

territoire affecté à la subdivision d'Esnam sera déterminé

ultérieurement.

Signé : Bugeaud, Pelissier.

Dès le 28, c'est-à-dire au lendemain même du tracé de ce camp destiné à devenir certainement une ville importante, le gouverneur général se dirigea au Nord vers Teiiès.

C'était la quatrième tentative! Une malechance vraiment singulière avait obligé à s'y reprendre à quatre fois pour occuper un point maritime, alors que nous étions maîtres incontestés de la mer (1).

(1) Les Romains, très judicieux en général dans le choix de leurs statione, avaient fondé sur ce point la colonie de Certonna, C'était sur Templftceiiieat d'un ancien comptoir carthaginois, dont les traces subsistent encore de nos jours où l'on voit quelques tombes phéniciennes creusées dans les rochers maritimes. Ces deux peuples, de beaucoup nos maîtres en colonisation, n'avaient peat-étre

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