CHAPITRE XI
OU commerçants demandèrent, dès le 16 mai, des concessions pour s'établir à Tenès; la douane avait fait 1,500 francs de recette. Au camp d'EljEsnam régnait une grande abondance de toutes choses. .
Les troupes ne restaient pas inactives ; sur ces deux points on travaillait aux fortifications, aux jardins, aux baraques, aux établissements permanents de Tarinée. On faisait des fours à chaux et à pain ; on creusait les puits; on transportait les bois; on retaillait les débris de vieilles ruines romaines en vue de constructions nouvelles; les vieilles citernes étaient déblayées pour faire des caves ou magasins.
Les jardins distribués à tous les corps étaient mis en culture , et recevaient des semis de toute espèce de légumes.
Tout était organisé pour imprimer une grande activité aux travaux d'installation du camp permanent d'El-Esnam, placé dans une situation des plus favorables. On avait trouvé sur les lieux la pierre propre à la fabrication de la chaux, et Ton s'occupait de l'installation d'une tuilerie. Le bois qu'on avait à portée devait suffire, au moins pendant cinq ans, à toutes les consommations de l'armée.
A El-Esnam, le jujubier nain, qui couvre à de grandes distances les plateaux pierreux de la rive gauche du fleuve, avait fait disparaître la crainte de manquer de combustible ; les racines séculaires de cet arbuste en fournissaient une mine inépuisable. Aussi
à t)7 de Milianah ; 4,000 habitants. Station de chemin de fer, marché important, où chaque dimanche dix mille indigènes viennent échanger leurs produits.
400 LE MARIÉCHAL BUGEAUD. *
le gouverneur général avait-il ordonné de ne pas détruire complètement les souches.
Par décision du maréchal , président du Conseil , ministre de la Guerre, en date du 16 mai 1843, le camp d'El-Esnam prit le nom d' Orléansmlle. Ce fut sur l'initiative du gouverneur général que cet hommage fut rendu à la fois à la dynastie régnante et à la mémoire du duc d'Orléans; à la mémoire du prince qui avait été un des instigateurs de la nomination de Bugeaud au gouvernement de la colonie. Le prince, en effet, connaissant l'Afrique par lui-même, avait, un des premiers, pressenti que ce grand homme serait le conquérant et l'organisateur de l'Algérie.
Le général Bugeaud, après avoir jeté la base des deux établissements et rendu pratiquable la route de Tenès à El-Esnam, se décida à agir sur les côtes pour la rendre sûre désonnais (1).
Le 25 mai, le général partit d'OrléansvilIe sur deux colonnes pour envahir le Dahra oriental de concert, avec les colonnes de Milianah et Cherchell. Le khalifa Berkani (quitta ces montagnes et se réfugia dans l'Ouarensènis. Les tribus se soumirent. Le commandement et l'organisation furent laissés au colonel Ladmirault (2).
(1) Le colonel Fellssier fut envoyé dans le Dahia (Beni-Hadoim), tandis que le gouverneur général, aprùs avoir déposé le convoi à El-Esnam, descendait le Cbélif et attaquerait par le sud. Le 12, les denx troupes s'étaient réunies ; la masse fut atttiquée par l'avant-garde que commandait Pelisaier. Après un combat où Tennemi perdit une trentaine d'hommes, nous ftmes une des plus grandes razzias de cette guerre, deux mille prisonniers des denx sexes , quatre à cinq cents juments, sept à huit cents ânes, douze mille bétes de bétaiL
(*2) Pendant ce temps, Changamler créait les postes de Teniet-el-Had et de