‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 194 sur 294 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

teindre la smalah, tant elle est mobile et bien avertie par le zèle et le dévouement du pays.

Le général de Lamoricière seconde, par le Sersou, les opérations de S. A. R.

En efïet, depuis la prise des deux citadelles de l'Emir, Tackdempt et Bogliar, la smalah d'Abdel-Kader était errante, évitant l'approche de nos colonnes, lorsque le général Bugeaud, apprenant par les éclaireurs que la smalah était aux environs de Boghar, donna subitement au général de Lamoricière (1) et au duc

(1) Christophe-Louis-Léon Juchault de Lamoricière^ né à Nantes en 1806, mort en 1866. Au sortir de l'École polytechnique et de l'École d'application de Metz, il entra dans le génie, fît partie de l'expédition d'Alger en 1880 et passa capitaine aux zouaves nouvellement créés. Directeur du premier bureau arabe et chef de bataillon en 1883, lieutenant-colonel en 1885, colonel après la prise de Constantine en 1837, il fut nommé maréchal de camp à la suite du combat de Mouzaia en 1840 ; il se distingua encore aux expéditions de Tackdempt et de Mascara en 1841, devint lieutenant général en 1843 et prit part à la bataille d'Isly en 1844.C'est lui qui avait été chargé en 1843 parle gouverneur général d'organiser l'expédition à la suite de laquelle la smalah d'Abdel-Kader tomba aux mains du duc d'Aumale. Il eut l'honneur de recevoir en 1847 la soumission de l'Émir en personne. Élu, l'année précédente, député de Saint-Calais, il se trouvait à Paris quand éclata la révolution de 1848. Il marcha aux insurgés, et fut blessé. Représentant de la Sarthe à TAssemblée constituante, il combattit pendant les journées de juin au faubourg Poissonnière et à la Bastille, puis accepta le ministère de la gueiTC qu'il conserva jusqu'à l'élection présidentielle. Réélu à l'Assemblée législative, dont il fut vice-président, il combattit la politique du prince Louis-Napoléon. Arrêté lors du coup d'État du 2 décembre 1861, il fut enfermé quelques jours à Ham, puis éloigné du territoire français. Autorisé à rentrer en France en 1857, il alla, en 1860, prendre le commandement des troupes pontificales contre la révolution italienne, fut attaqué par les généraux piémontais Fanti et Cialdini, défait à Castelfidardo, et contraint de capituler dans Ancône. On a de lui : Réflexions sur Vétat actuel â! Alger ^ 1836 ; Projet de colonisation de r Algérie, 1845 ; Rapport sur les haras, 1860.

Le nom du général de Lamoricière se retrouve à chaque page glorieuse de l'histoire d'Afrique. — Nous donnerons plus tard le jugement du maréchal Bugeaud sur le général de Lamoricière, dont les brillantes qualités et le courage indomptable ne pourront faire oublier cependant certains sentiments de malveillance et de jalousie qu'il manifesta à l'égard de son chef.

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d'Aumale, qui coiniiiandait àMedeah, Tordre de poursuivre TEmir.

Le duc partit de Boghar avec treize cents fantassins, six cents chevaux réguliers, spkhis, chasseurs et gendarmerie sous les ordres des colonels Yusuf et Morris, et d'un goum de deux à trois cents cavaliers.

Trois jours après, il était informé que la smalah campait à quinze lieues de Goudjilas. Après trente heures d'une marche accablante, pendant laquelle on avait à peine dormi quelques heures, — les chevaux bride au bras, — et mangé du biscuit et du chocolat pour ne pas trahir notre présence par les feux du bivouac, il arriva dans un pays inculte. C'était le 16 mai.

Le matin, à la pointe du jour, on saisit quelques traînards de la smalah. Trompé par les indications qu'ils donnèrent, le prince fit une reconnaissance vers le Sud.

Il était onze heures, lorsque l'aga des Ouled- Ayad, envoyé en avant pour reconnaître l'emplacement de l'eau, revint au galop, annonçant avec force gestes et pâle d'émotion, que la smalah de l'Emir tout entière était en train de s'établir à la source même du Taguin. Les replis du terrain la cachaient encore ; mais, derrière le mamelon qui la séparait seul de la colonne, disait-il, on apercevait une foule immense qu'il était insensé de songer, un moment, à aborder.

Le colonel Yusuf (1), qui marchait à Tavant-garde

(1) Ynsuf, né à l'île d'Elbe en 1805, est mort à Montpellier en 1866. née xen* dait à Florence pour y faire son éducation, lorsque le yaiaaeaa qui le portait fat

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