CHAPITRE XII
autre moi-même. Je te prie de m'accorder Vaman et de me couvrir de ta protection.
Pour le fils de mon frère, je te demande une dignité qui soit aux yeux de tous la preuve de la protection que tu lui accorderas; je te l'envoie avec l'espoir que mon attente ne sera pas trompée.
Nous sommes tes serviteurs et sous ton obéissance. Ke tarde pas à exaucer les prières que nous t'adressons ; tout ce que nous désirons après cela, c'est de mériter ta bienveillance.
Le salut de la part de ton serviteur Djeddid.
Nous avons trouvé dans la correspondance du gouverneur général une pièce des plus importantes : c'est la lettre adressée par lui au duc d'Aumale, pour le féliciter de son succès. Le vieux soldat ne marchande point réloge à son jeune lieutenant. Toutefois, après lui avoir exprimé sa haute satisfaction, il l'engage à ûe revenir à Alger qu'après avoir terminé la campagne.
Le général Bugeaud à S. -4. R. le due d*Aumale,
Bivouac de TOued-Bou-Bara, 1q 23 mai 1843, moitié chemin de Teuès à £1-Esnam (OrléansviUe).
Mon Prince,
Je reçois votre rapport du 20 mai.
L'allégresse était déjà grande, car nous avions reçu dans la journée une très bonne nouvelle de M. le général Changarnier ; mais bientôt votre rapport, répandu dans le camp, y a produit des transports que je n'essaierai pas de vous
décrire. On n'était pas seulement enivré de vos Buccès, pour l'influence qu'ils doivent avoir sur les destinées du grand œuvre que nous poursuivons, mais encore parce qu'ils étaient obtauis f ar le fils du Uoi, que l'armée chérissait déjà, et qu'elle honore aiyourd'hui.
Il y a trois jours que j'écrivais , ou dans une lettre au ministre, ou dans un article qui doit être inésé au Moniteur alfférien du 25, que dans la poursuite de la smalah, queBes que fussent les dispositions prises, quelle que fût l'intelligence du prince chargé de cette mission, il fallait encore une &Yeur de la fortune, pour saisir cette agrégation si bien avertie, si mol)ile, si bien défendue. Hé bien! la fortune n'y a été presque pour rien. Vous devez la victoire à votre résolution, à la détermination de vos sous-ordres, à l'impétuosité de l'attaque. Oui, vous avez bien fait de ne pas attendre l'infanterie ; il fallait brusquer l'affaire comme vous l'avez fait. Cette occasion presque inespérée, il fallait la saisir aux cheveux. Votre audace devait frapper de terreur cette multitude désordonnée. Si vous aviez hésité, les guerriers se seraient réunis pour protéger les familles ; un certain ensemble eût été mis dans leur défense, et le succès, à supposer que vous l'eussiez obtenu, vous eût coûté fort cher. La décision, l'impétuosité d'à-propos, voilà ce qui constitue le vrai guerrier. Il est des cas où il faut être prudent et mesuré, où il faut manœuvrer avec ordre et ensemble : c'est quand on trouve un ennemi bien préparé, fort et bien échelonné. Il en est d'autres où il faut l'élan et la rapidité d'exécution, sans s'occuper beaucoup de l'ordre. L'affaire de Taguin était dans cette dernière classe ; vous l'avez compris à l'instant, et c'est là surtout ce qui fait le grand mérite de cette action.
Le général de Bar pense que vous viendrez à Alger, et il paraît désirer que j'y aille moi-même, pour disposer des