‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 206 sur 294 · CHAPITRE xn · texte numérisé non relu

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du 19 juillet, annonça que S. A. R. M^ le duc d'Aumale, maréchal de canïp, commandant supérieur à Medeah , était promu au grade de lieutenant général par ordonnance royale en date du 3 juillet courant.

Quelques jours après, le 31 juillet, le général Bugeaud était élevé à la dignité de maréchal de France.

Trois mois auparavant, par ordonnance du 9 avril, le général Bugeaud avait été nommé grand-croix de la Légion d'honneur, et ses deux lieutenants, Changarnier (1) et Lamoricière, promus au grade de lieutenants généraux.

(1) Changamier (Nicolas- Anne-Théodule), né à Autim (Saône-et -Loire), le \ 26 avril 1793, sortit de Saint-Cyr en 1815 avec le grade de sous-lieutenant, et fut incorporé dans l'une des compagnies privilégiées des gardes du corps de Louis XVIII. Lieutenant en janvier 1815 au 60^ de ligne, il fit la campagne d'Espagne en 1823 et devint capitaine le 9 octobre 1826. En 1830, il faisait partie du premier régiment de la Garde royale. Béintégré dans les cadres, il fut envoyé en Afrique, où il se distingua par une série d'actions de vigueur et d'éclat. Il prit part à l'expédition de Mascara. Chef de bataillon (31 décembre 1835), il devint légendaire par son héroïsme au 2® léger, qui, lors de la désastreuse retraite de la première expédition de Constantine, tint constamment tête à l'ennemi à l'arrière-garde, et, pour ainsi dire, sauva l'armée. U f ut nommé lieutetenant-colonel le 26 janvier 1837.

Colonel du 2^ léger après l'expédition des Portes-de-Fer (1839), il fut promu maréchal de camp à la suite de l'expédition de Medeah, où il reçut une blessure grave, et du combat du Chélif (21 juin 1840). Élevé au rang de général de division (3 août 1843), il rentra alors en France. En 1847 il fut appelé au commandement de la division d'Alger. Ce fut à lui que le duc d'Aumale en partant pour l'exU remit le gouvernement de la colonie. Après le 24 février 1848, Changamier, rentré en France, offrit ses services au gouvernement républicain. M. de Lamartine le nomma ambassadeur à Berlin. Mais il préféra rester à Paris, où il contribua à rétablir l'ordre, lors de la manifestation révolutionnaire du 16 avril. Au mois de mai, il alla remplacer en Algérie le général Cavaignac qui venait siéger à la Constituante. Mais aux élections partielles du 4 juin, il fut lui-même élu représentant du peuple dans le département 'de la Seine. Le général Cavaignac, devenu chef du pouvoir exécutif, confia à Changamier le commandement supérieur de la garde nationale de Paris qu'il conserva après Télection présidentielle du prince Louis-Napoléon, et auquel il joignit même à deux reprises (9 janvier et 14 juin 1849) celui des troupes de Paris, portée» alors à 100,000 hommes.

Le général Changamier joua alors un rôle politique, important; mais s'étant

Ce fut le 20 septembre seulement que le duc d'Aumale, après un court séjour en France, revint à Alger. Le maréchal quitta Oran pour venir le recevoir.

Le jeune héros de la smalah fut reçu avec enthousiasme dans la capitale algérienne, et l'élite de la population civile lui offrit un banquet dans les salons de la Régence ahisi qu'ciu nouveau maréchal.

Voici la ro])onse de ce dernier au toast qui lui fut adressé :

Je n'ai jamais cherché la faveur populaire autrement (ju'en rendant des 8e^^'ices purement publics. Dans mon département, j'ai conquis les suffrages des électeurs, en poussant aux })rogrè8 de l'agriculture. Ici, c'est en servant vos véritables intérêts, sans me laisser arrêter par les critiques et les opinions divergentes qui ont accueilli mes premiers pas. Les éloges sont arrivés plus tard, mais ils n'en sont que plus solides et plus flatteurs ; ceux que vous m'adressez sont une précieuse récompense de mes travaux.

prononcé contre le gouvernement du prince LonU-Napoléon, il se vit arrêté, le matin du 2 décembre, puis éloigné de France par le décret du 9 janvier 1852. Depuis, il résida en Belgique, refusant de profiter de rautoriflation qui loi avait été donnée de rentrer dans son pays.

An moment de la déclaration de guerre à la Prasse (juillet 1870), il offrit se» t>crviccs au gouvernement de son pays, et accompagna l'empeieiir Napoléon III à Metz. Prisonnier de guerre en Allemagne, Changamier revint après Parnûstice. et lurs des élections du 8 février 1871, fut élu représentant à FAMemblée nationale diins plusieurs départements. Il mourut à Paris en 1880.

Le '21 mai 1873, au moment où M. Thiers, président de la Bépnblique, fut renversé par lu (Chambre, peu s'en fcillut que le général Changamier ne fût investi du i>ouvoir. Les bonapartiste:* eurent la fatale pensée de désigner le marécbal de Mac Mahon, et c'est ainsi que fut sauvée et affermie la Bépablique. Il est avéré aujourd'hui (jue, selon le vœu très manifeste alors de la Chambre et du payp. la Républiijue eût promptement disparu, si, au lien de M. le duc de Magenta les députés eussent fait appel au patriotisme et à la décision du général Changamier.

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