‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 207 sur 294 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

J'ai jugé, dès le principe, Messieurs, que le plus grand service qu'on pût rendre à la colonisation, c'était de lui donner une sécurité qui. assurât la liberté de ses mouvements. Cela ne pouvait être obtenu que par une guerre axîtive et énergique, car, remarquez-le bien, il ne dépendait pas de nous, quoi que puissent en dire quelques esprits superficiels, de rester en paix. L'ennemi nous harcelait de toutes parts ; il bloquait nos places de l'intérieur ; les partis venaient jusqn'aux portes d'Alger, et le public ne pouvait aller à Blidah qu'une fois par semaine, sous une escorte de 1,200 hommes. Ce n'est pas avec de telles conditions que l'on peut coloniser. Mais, grâce au dévouement de nos soldats, ces temps sont loin de nous ; vous pouvez tous aflBrmer que la plus grande sécurité règne dans un rayon de 40 à 50 lieues et que nos routes sont incessamment couvertes par les transports de l'industrie, du commerce et de la colonisation. Ce n'est pas seulement. Messieurs, dans ce rayon autour de vous, qu'un pareil succès a été obtenu, c'est dans tout, ou presque tout le royaume qu'avait fondé Abdel-Kader.

L' armée ne peut être réduite sans qu'au préalable on ait créé une force attachée au sol qui puisse remplacer les troupes permanentes qu'on supprimera. Cette force, à mon avis, vous ne pouvez la trouver suffisante que dans l'établissement de colonies militaires en avant de la colonisation civile. Voilà, Messieurs, suivant moi, où est la base de votre avenir. Songez-y bien, vous êtes en face d'un peuple belliqueux et fortement constitué pour la guerre. Pour jouer visà-vis d'une telle nation le rôle de peuple dominateur, il faut qu'au moins une partie de votre population soit constituée militairement mieux encore que les indigènes. C'est à cette base de votre sécurité future, que je vous demande de

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VOUS attacher plutôt qu'à de préteudos perfectionnements de détail dans Torganisation intérieure de vos TiUes et banlieues de la côte. A cet égard, lors même qu'on vons accorderait tout ce que vous sollicitez, cela ne garantirait en rien votre avenir.

Répondant au toast adressé à Tannée, le maréchal dit :

Messieurs, l'armée ne déposera pas son épée ainsi que vous venez de le lui conseiller; elle la tiendra d'une main et travaillera de l'autre ; elle la montrera toujours aux Arabes, toujours, remarquez bien ce mot, car il ne lui est pas permis de la déposer sans imprudence. C'est sur l'épée que votre existence est fondée; on ne s'impose pas à un peuple belliqueux, on ne s'empare pas d'une partie de son sol pour le garder toujours, sans montrer l'épée, après s'en être vaillamment servi. Sans doute, il faut travailler, et l'armée y trouvera autant de gloire que dans les combats ; mais, en faisant des routes, des ponts, des villages, elle sera toujours prête à frapper ceux qui voudraient vous troubler dans votre œuvre colonisatrice.

Le 28 du même mois, le duc d'Aumale s'embarquait sur \ Asmodée^ pour se rendre à Philippeville et de là à Gonstantine, où il allait prendre le commandement supérieur de sa province.

pocus la signature « Un Touriste d trois colonnes •du Moniteur Algérien du 25 décembre 1843 reproduisent les idées du maréchal. Le thème traité est la

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