‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 213 sur 294 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

n'était point encore maréclial. Après avoir lu rapidement la lettre dans laquelle le vieux soldat d'Espagne félicitait son ancien officier avec une touchante admiration, le maréchal Bugeaud se leva comme d'un bond, et saisissant une plume, se mit à écrire quelques mots qu'il nous lut à haute voix et qui nous firent venir les larmes aux yeux :

ce Vous! mon général, écrivait-il, vous! me parlerde respect et d'admiration! Vous, qui m'avez fait ce que je suis, sans lequel je ne serais rien! Vous h qui je dois tout ce je sais, le peu que je vaux! Oh! non, jamais, de vous à moi ce mot respect ne saurait être prononcé ! »

Ainsi qu'il l'avait dit en réponse aux compliments des autorités algériennes, le maréchal, désormais, était décidé à poursuivre son œuvre en Afrique. Mais sa grandeur nouvelle n'était point faite pour l'immobiliser au palais du gouvernement à Alger. Dès le commencement du mois de septembre, nous le voyons faire,vers Medeah, une excursion de faible durée. Il revint à Alger, et le 14 septembre, dans une cérémonie grandiose et touchante, posait la première pierre de l'établissement des Trappistes à Staouëli, sur l'emplacement même où s'était livré en 1830 la sanglante bataille qui avait livré Alger aux Français (1).

l'activité en 1830, il fut nommé commandant supérieur des Hautes et Basses- Pyrénées, inspecteur général d'infanterie, pair de France en 1835. — C'est l'empereur Kapoléon III qui lui donna le bâton de maréchal de France en

(1) Voir au troisième volume les détails relatifs & la fondation du menastère et aux rapports du maréchal Bugeaud avec les religieux de la Trappe de Staouëli.

Le bruit d'agressions de l'Emir dans la province d'Oran, sur les lignes de Lamoricière, amena le gouverneur général à se rendre en personne dans l'Ouest. Voici ce qui était survenu :

Dans les derniers jours d'août 1843, notre infatigable adversaire s'était jeté sur les tribus du Sud- Oranais qui nous avaient fait leur soumission. Toute notre première ligne dans la province, depuis Mascara et Tiaret jusqu'à Tlemcen , s'était portée immédiatement à la rencontre de l'Emir. Le 26 août, Lamoricière avait réussi un coup de main heureux à l'Oued- Bourbour. Après une marche forcée de dix lieues, par une chaleur accablante, on aperçut les tentes ennemies. Le colonel de Bourgon se jeta sur le camp au moment où on le levait, tua 40 fuyards, fit 12 prisonniers, enleva 60 chameaux , un grand nombre de chevaux et mulets , et une certaine quantité de provisions en blé , orge et poudre.

Le 22 septembre, un engagement plus sérieux avait eu lieu entre Lamoricière et l'Émir. Nous n'eûmes pas moins de 12 tués et 15 blessés. Du côté des Arabes, on constata la mort d'Abdel-Baki, lieutenant d'Abdel- Kader. L'Emir s'était enfui dans la direction de l'Ouest.

C'est dans ce combat que se produisit l'épisode légendaire du dévouement du brave trompette Escoffier, que les Parisiens virent plus tard récompensé par une nomination de garde au jardin des Tuileries. Voici en quels termes le maréchal notifia à l'armée cet acte héroïque :

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