‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 214 sur 294 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Au quartier général à Alger, le 25 novembre 1843.

L'armée admire encore le généreux dévouement du trompette Escoffierdu 2® régiment de chasseurs d'Afrique qui, au combat du 22 septembre, donna son cheval à son capitaine, M. de Cotte, démonté, en lui disant : « Il vaut mieux que vous l'ayez que moi, car vous rallierez l'escadron, et je ne le pourrai pas. d Un instant après, il fut fait pri sonnier.

Le Eoi, informé de cette conduite héroïque, n'a point attendu qu'Escoffier tùi rendu à la liberté ; il l'a nommé membre de la Légion d'honneur par ordonnance du 12 novembre.

Cette récompense, qui calmera, chez Escoffier, les douleurs de la captivité, toute l'armée y prendra part ; elle y verra une nouvelle et éclatante preuve que le Gouvernement ne laisse jamais dans l'oubli les belles actions (1).

Siffné : Bugeaud.

Pour ampliation, le colonel sous-chef d'état-major général,

Siffné : Pelissier.

Le maréchal ne pouvait connaître encore le combat lu 22 septembre quand il se mit en route pour l'Ouest. Au moment où il partit pour entrer en campagne, le 24 septembre , sa voiture fut brisée en quittant Alger.

(1) Un détail intéressant et peu connu nous a été conté au sujet de cette décoration par M. Léon Boches. L'Émir, qui, lui aussi, voulait lutter de grandeur d'âme avec ses ennemis, ayant eu connaissance de l'ordre du jour du maréchal au sujet de son prisonnier, fit remettre à celui-ci solennellement la croix de la Légion d'honneur, devant ses troupes réunies.

Le iiiaréclial n'éprouva aucun mal et continua sa ïoute })Our Milianali. Un Romain, sur ce fôcheux présage, eût peut-être rebroussé chemin : il n'aurait pas eu tort; car le voyage ne fut pas heureux, et dut être interrompu.

Le maréchal Bugeaud arriva à Milianah le 28 : Pelissier y commandait depuis le départ du duc d'Aumale et de Changaniier. Le maréchal, après s'être rencontré dans la vallée du Chélif avec la colonne venue d'Orléansville, laissa des troupes à Pelissier, et se dirigea, à la tête du l^"" zouaves, sur Orléansville. Il (lut renoncer à poursuivre ses pas dans l'Ouarensènis conmie il en avait Tintention. Une grave indisposition l'obligea à rétrograder. Embarqué à Ténès, il rentrait le 15 octobre à Alger.

Au bivouac de TOued-Greshab, le 6 octobre, les colonnes (F Orléansville et de Milianah étant réunies, les chefs de rOuarensènis s'étaient présentées. On a vu <[u'en dépit du succès de la campagne de décembre 1842, la soumission des tribus de la montagne avait été précaire. Les cheicks Ben Marabot et Bel Hadj, précédemment investis du pouvoir, étaient sans influence sérieuse. Le maréchal, cette fois, leur imposa l'autorité supérieure de Hadj-Ahmed-ben-Sala, qui, du reste, ne réussit pas davantage. Il y eut une fête militaire; les burnous furent distribués au son du clairon, et au l)ruit de l'artillerie. Les chefs promirent, en signe de fidélité, (le venir planter leurs tentes dans le voisinage les uns d'Orléansville, les autres de Milianah. Le colonel Eynard, i)arti de Teniet-el-Had à la même

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