‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 215 sur 294 · CHAPITRE xiir · texte numérisé non relu

CHAPITRE xiir

époque, organisait de son côté l'administration sur le versant sud de la chaîne (1).

Le gouverneur général, rétabli, ne tardait pas à repartir pour r Ouest. Ses voyages, l'un du 3 au 12 novembre à Mascara, le deuxième du 30 novembre au 14 décembre à Tlemcen, eurent un caractère tout pacifique, ce fut une fête arabe continue.

Le maréchal se vit accueilli par les Arabes comme pouvait l'être, autrefois , Abdel-Kader. Les cavaliers des tribus, accourues de cinq ou six lieues sur son passage, marchaient en tête. On se disputait l'honneur de lui offrir l'hospitalité du matin et l'hospitalité du soir; deux fois par jour, on lui servait des repas à V antique^ dont l'abondance était telle qu'ils dépassaient de beaucoup les besoins de l' état-major et de l'escorte d'environ 500 chevaux. L'escorte arabe était souvent beaucoup plus considérable que l'escorte française ; elle ne prenait congé du maréchal qu'à la limite de son territoire, et lorsqu'elle était relevée par les cavaliers des tribus chez lesquelles le gouverneur allait entrer. Les chefs des environs de Mascara sollicitèrent de participer à la confection de plusieurs grands travaux d'avenir, tels que le barrage du Sig et de la Mina pour l'irrigation des terres.

Les impôts arabes, dit à ce propos le Moniteur algé-

(1) Dès le 3 octobre, l'Emir, qui avait fui dans T Ouest après le combat du 2*2 septembre, reparaissait chez les Béni- Amer pour les razzer. La tribu, qui nous avait fait sa soumission, se défendit ; elle fut appuyée par le colonel de Barrât, sorti précipitamment de Sidi-Bel-Abbès, poste nouvellement installé entre Oran et Tlemcen.

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riefiy s'élèvent, cette année, à deux on trois millions. H rait bien politique d'en faire une part pour des travaux qui oonunenoeraient la fécondation du pays.

L'émir Abdel-Eader s'était heurté à nos troupes le 26 août, le 22 septembre, le 3 octobre, sous l'impulsion vigoureuse du maréchal gouverneur. Tous nos commandants de l'Ouest rivalisaient du désir de l'atteindre et de lui porter un coup décisif.

L'un d'eux, le général Tempoure, obtint, le 11 n6vembre, un brillant succès dépassant tous ceux obtenus par ses collègues dans cette même campagne. Sorti de Mascara, le général Tempoure s'était mis à la poursuite des restes de l'infismterie d'Abdel- Kader conduite par son khalifa Ben-AUal-Ouled-Sidi- Embarek. Le 9 novembre au soir, le général se savait à trois jours de marche de l'ennemi qu'il s'agissait de gagner de vitesse.

La phiie tombait avec violence , mais le terrain détrempé était encore plus nuisible à la fuite de l'ennemi qu'à la poursuite même. Après une marche de nuit, on arriva, le 11 novembre, sur l'Oued-Kacheba, au bivouac de l'ennemi, dont les feux n'étaient pas encore éteints, puis on l'atteignit à son camp de l'Oued-Malah.

Huit escadrons furent mis en avant, deux par deux, sous les ordres du colonel Tartas; l'infanterie dut suivre au pas de course.

La troupe de Ben Allai, en deux colonnes serrées, drapeaux en tête , fiit ferme , et attendit bravement la cliarge ; la cavalerie se jeta sur ces colonnes avec une

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