CHAPITRE XIII
ftirie toute française, les enfonça, enleva les drapeaux et sabra tout. Le carnage ne cessa qu'à l'arrivée de notre infanterie, qui recueillit les prisonniers.
Ben Allai cherchait à fuir et avait atteint les pentes rocheuses; sans le connaître, le capitaine de spahis CassaignoUes, pressentant qu'il avait devant lui un chef, s'acharna à sa poursuite; deux brigadiers du 2® chasseurs et un maréchal des logis de spahis se joignirent à lui. Ben Allai, entouré par quatre ennemis, tendait son fusil, la crosse en avant, au brigadier Labossay, lorsque, par un mouvement rapide comme Féclair, il en dirigea le canon sur la poitrine du brigadier qu'il étendit raide mort. D'un premier coup de pistolet Ben Allai abattit le cheval du capitaine; du second, il blessa légèrement le maréchal des logis de spahis Sicot qui venait de le sabrer à la tête. Ben Allai, ne pouvant plus faire feu , se défendait de son arme déchargée, lorsque le brigadier Gérard lui déchargea un coup de pistolet dans la poitrine et mit fin à la lutte. Ben Allai était mort en héros.
Le capitaine Cassaignoles ignorait encore quel était son ennemi ; il en avait remarqué le courage, le sangfroid, l'habileté à manier les armes. Un signe bien connu dissipa les doutes; l'Arabe était borgne; ce ne pouvait être que Ben-Allal-Ouled-Sidi-Embarek, ancien bey de Milianah. Sa tête fut portée aux pieds du général.
Ben Allai avait sous ses ordres les restes des bataillons de Medeah et Milianah, d'environ 700 hommes; 40 à 50 hommes du bataillon de Mascara , 150 cava-
452 LE MARIÊCHAL BUGËAUD.
liers démontés; une vingtaine de schiafs (officiers sans troupes).
Les résultats de ce combat furent : 404 réguliers , dont 20 officiers, tués; 364 prisonniers, dont 13 officiers, 3 drapeaux, 600 fusils. Parmi les prisonniers 104 étaient grièvement blessés.
Les pertes des Français se bornaient au sous-officier Labossay, tué, 8 chasseurs grièvement blessés.
Les trois drapeaux et la tête de Sidi-Embarek forent envoyés à Alger au gouverneur général.
Parmi les officiers mis à Tordre du jour à la suite de cette brillante affaire, on remarque le colonel Tartas, le chef d'escadron de Cotte, les capitaines de Cptte, Cassaignoles, Jarras, de Tétat-major; Charras, de l'artillerie, chef du bureau arabe de Mascara, organisateur (le l'expédition; les lieutenants Valabrègue, Caulaincourt, blessé à la tête, etc.
Sur la route, entre le champ de bataille et Oran, les populations se pressèrent pour voir la tête du chef redouté.
Quelque répugnance, dit le Moniteur Algérien j que nous inspire cet usage barbare, l'incrédulité des Arabes est si grande, qu'il était indispensable de leur faire voir cette preuve irrécusable de la mort du guerrier marabout qui exerçait sur eux tant de prestige.
Ben Allai était le conseiller le plus intime d'Abdel- Kader, son véritable homme de guerre, et, après lui, le personnage le plus important ; enfin, notre ennemi le plus acharné. Le maréchal ordonna que la dépouille de