‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 220 sur 294 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

ne serviraient qu'à induire en erreur les malheureux qui sont à ta suite.

Légende du sceau :

Celui qui met sa confiance dans le Miséricordieux, Omar, fils de Roches, premier interprète. En Tannée 1268.

AhdeUKader à Ornar, fils de Roches.

Louanges à Dieu!

A notre ami Omar, fils de Roches I Que Dieu te favorise, qu'il te guide dans le bien et qu'il t'éloigne du mail Salut à toi et à tous ceux qui marchent dans les voies du Seigneur, miséricorde et bénédiction I

Nous avons reçu ta réponse que tu nous a envoyée par Si-Kaddour-ben-Mâammar. Si tu avais reçu la première lettre que nous t'avons envoyée, tu aurais compris ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons faire ; mais tu es notre ami et nous ne craignons pas de te redire tout ce que nous t'avions déjà dit :

Je suis loin de refuser ce qui peut être utile aux serviteurs de Dieu, et je ferai tous mes efforts pour leur procurer le bonheur et la tranquillité tant que cela sera compatible avec notre religion et avec les règles qui nous sont prescrites dans nos saints livres. Si en dehors même de ces règles on me proposait des arrangements qui ne fussent pas réprouvés par notre loi et par notre caractère, je pourrais encore les accepter. /

Mais les propositions que tu me fais en me promettant qu'elles seront ratifiées par le maréchal Bugeaud, sont vraiment éloignées de la raison, de ta part surtout qui es un homme de sens.

Comment, toi, qui es comme mon fils et qui, dans cette

462 IiE MAB^CHAL BUOEAUD.

démarche, te dis guidé par nne amitié sincère, comment as-ta pu penser que j^accepterais comme mie grftce un refuge qu'il est à ma disposition d^atteindre avec mes propres forces et avec le secours des fidèles qui restent encore autour de moi?

Que le Français ne méprise pas ma fidblesse, car le mouckeron peut avetiçler le lion. Qu'il ne s'enorgueillisse pas de sa force, car après les succès, on doit redouter les plus grands échecs.

Je connais parfaitement ma religion, et je sais très bien qu'une heure passée à combattre l'infidèle est préférable pour mon salut à soixante-dix ans passés à la Mecque* Quand tu me prédis qu'il pourrait bien m'arriver une fin semblable à celle de mon frère et de mon ami Sidi-Mohanmied Ben-Allal, mais, loin de redouter cette fin, je la demande à Dieu, tôt ou tard, pour moi et pour tous les musulmans!

Maintenant, ô mon ami ! si le maréchal a l'intention de me faire entendre des paroles qui soient dans l'intérêt de tous, qu'il envoie un des siens avec des lettres de crédit ; qu'il me fasse prévenir secrètement, et moi j'aurai aussi secrètement un de mes amis, mon frère Bou-Hammiddi, par exemple, qui devra se rencontrer avec ton envoyé dans les environs de Tlemcen.

Ils s'entendront ensemble sur les clauses à établir sans prêter le moindre prétexte aux discours de l'envie et de la calomnie. Alors, nous renouvellerons une alliance dont les bases solides seraient un sûr garant d'une amitié et d'un accord durables. C'est à Dieu qu'il appartient de terminer ce qui est bien, et c'est à lui que nous retournerons tous. Songe que celui qui refuse de faire le bien, lorsqu'il le peut, en devra compte à Dieu.

Page 1