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CHAPITRE xni

J'ai remis au trompette sa décoration (1) ; je ne négligerai rien de ce qui sera en mon pouvoir pour bien traiter les prisonniers ; si vous tenez à leur délivrance, renvoyez-moi Abdel-Kader-ben-Rebah, l'aga des khielas , et Kaddourben-el-oufi mon bach-Chaouch. Salut.

Écrit par ordre de Sid-El-Hadj-Abdel-Kader Nasser-el- Din, fils de Sid-Mahhi-El-Din. Que Dieu lui soit en aide.

1er iQme ^je Safar 12d0 (S»® 10"« de février 1844).

En même temps, Bou-Hammiddi , confident de rÉmir, faisait parvenir au maréchal la missive suivante, écrite de l'aveu d'Abdel-Kader.

A Son Excellence le maréchal Btigeatid, gouverneur d Alger

et des provinces qui en dépendent.

Salut à tous ceux qui suivent la vraie voie, miséricorde et bénédiction!

Je suis peiné des malheurs qui pèsent sur les serviteurs de Dieu par suite de la guerre et de la rivalité qui existe entre toi et le Prince des croyants.

n est certain qu'un des antagonistes est dans le faux, tandis que Tautre est dans le vrai, selon qu'on examine la question sous le point de vue mondain ou sous le point de vue religieux. Je serais donc heureux d'être le premier à prononcer des paroles qui pussent vous rapprocher l'un et l'autre de ce qui est juste. J'ai souvent craint que toi ou

(1) Le trompette Esooffier, fait prisonnier par les Arabes le 22 septembre 1843 et décoré par le roi Louis-Philippe le 12 novembre. Voir la note, page 447.

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rÉmir ne refusiez de consentir à ce rapprochement ; mais si tu le permettais de ton côté; notre maître ne pourrait s'y refuser, car nous, qui sonmics ses serviteurs fidèles, nous pouvons exiger qu'il mette de côté ses répugnances et ses propres sentiments, pour le bonheur de tous.

Si la correspondance par écrit ne te convient pas à cause de ses lenteurs et des suites qu'elle peut avoir, désigne nn des tiens qui vienne en secret avec ton consentement dans les environs de Tlemcen. Écris à l'Émir qu'il m'envoie pour que je rencontre ton agent, et nous terminerons tout ce qu'il convient de terminer entre les deux partis. C'est à Dieu de faire le reste. Salut.

M. Léon Roches, de la part du maréchal, répond en ces ternies à la lettre si spirituelle, et si sensée, il faut le dire, d'Abdel-Kader :

Omar,Jils de Roches, à l'émir AbdeUKader.

Salut et bénédiction 1

Dieu a dit : a Je vous demanderai compte de Fonbli de l'amitié d'une heure. 3> Pendant deux ans j'ai été l'objet de ton amitié ; tu m'as honoré de ta confiance ; comment donc aurais-je pu oublier tous ces liens? Non, je n*ai rien oublié ; et aujourd'hui que tu es malheureux, il est de mon devoir de te prouver que je ne suis pas ingrat en te disant toute la vérité et en te donnant le conseil que je donnerais à mon père.

Les gens qui, contre mon avis, t'ont porté à déclarer la guerre aux Français continuent sans doute encore à t'abuser

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