‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 223 sur 294 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

prince devait s'exercer au gouvernement des Arabes, en attendant que le vieux maréchal pût lui remettre celui de l'Algérie pacifiée tout entière.

Arrivé à Alger le 21 novembre sur YAsmodée^ le duc d'Aumale fut complimenté à bord par le maréchal Bugeaud en personne, reçu avec les honneurs militaires du décret de messidor an XII, et fêté dans un banquet par les notables algériens. Le 28, il se réembarquait sur VAsmodée pour se rendre à Stora, où il débarquait dans la nuit du 30 novembre au 1®' décembre.

Les diverses campagnes que le duc d'Aumale avait déjà faites en Algérie, l'administration des cercles de Medeah et de Milianah pendant les premiers mois de 1843 avaient bien préparé le nouveau lieutenant général au commandement d'une province entière. Il s'acquittait de sa tâche à la satisfaction des populations et de son chef. Dans la correspondance du maréchal Bugeaud, nous trouvons l'intéressante lettre ci-après :

Le maréchal Bugeaud à S. A, E. le duc dAumale,

Alger, le 21 janvier 1844.

Mon Prince,

Je n'ai reçu le courrier de Constantine qu'hier soir très tard et aujourd'hui, qui est dimanche, j'ai ma journée prise par des audiences pour affaires, par la réunion de la Société d'agriculture, la messe, le rapport, une revue. Je ne pourrai donc pas répondre au volumineux courrier qui atteste votre activité et votre zèle pour les intérêts de votre gouvernement.

468 LE MABÉCHAL BUOEAUD.

H contient une fonle de questions qni demandent examen. Vous aurez une solution pour tout par le prochain courrier.

Celui qui nous revient vous a porté nos dépêches à Bône, à ce qu'il paraît. H y en avait beaucoup ; vous devez les avoir à présent.

La conduite des tribus des montagnes de Philippeville prouve que la dernière campagne y a &it une impression sérieuse. Elles payent l'impôt, elles ramènent nos déserteurs : voilà de bien bons signes de soumission qui, comme vous le dites ; font honneur au' commandant du cercle, que j'ai déjà recommandé à votre bienveillance.

Les promesses que vous fait Bou-Azis-Cheik-Belizma sont avantageuses. Toutefois, vous faites bien de ne constituer son autorité que quand vous aurez vu les faits, sur les lieux. Vous êtes parfaitement autorisé à organiser ces montagnes de la manière qui conviendra aux circonstances. Ces choses-là ne souffrent pas de retards ; j'approuve d'avance ce que vous ferez ; comment pourrais-je en juger mieux que vous, ni même aussi bien?

Abdel-Salem-el-Mokrani a exécuté vos ordres en quittant la montagne. C'est bon signe. On m'a peint cet homme comme très retors et très énergique. Il doit être très vieux.

La conduite des Zerdazas vis-à-vis de M. Gouraud est un mauvais symptôme ; il est à craindre qu'il fatidra revenir dans ces montagnes, et nous aurions besoin que le calme régn&t derrière nous pendant les opérations du Sud. Au reste, votre envoyé a été bien reçu la seconde fois ; on peut espérer que la tranquillité se maintiendra.

Je pense comme vous que les indigènes s'accommoderont très bien de notre justice et que nous devons le plus possible intervenir dans leurs affaires.

C'est le seul moyen de prendre sur eux une véritable au-

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