‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 225 sur 294 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

rÉmir aurait disparu de tous les points du territoire. Il y avait d'ailleurs intérêt vital au point de vue de notre commerce et de notre politique à étendre notre influence sur le désert. On ne pouvait faire de conquêtes à demi, a Nous ne devons pas rester plus petits que les Turcs , écrivait-on alors ; car nous n'aurions pas même sur les populations de l'Algérie l'autorité qu'ils avaient. Ce n'çst pas en s'amoindrissant que Ton commande aux peuples le respect et l'obéissance ; tout ce que nous ne prendrions pas en puissance, resterait à nos ennemis, et il en résulterait des troubles et des hostilités continuelles, d

Parti le 25 février de son dépôt de Batna, le prince arriva le V mars à El-Kantara. Le 23 au matin, avant le départ de Batna, un rassemblement hostile de tribus fut mis en fuite par le lieutenant-colonel Buttafuoco qui lui tua 15 hommes. La colonne entra sans coup férir, le 4 mars, à Biskra. Le prince s'avança le 8 jusqu'à Sidi-Okba, à une journée au Sud, Les autres villages du Ziban s'étaient soumis sans aucun désordre des populations. Les chefs des tribus nomades s'empressèrent de venir trouver le général français.

Si-Mohammed-Sgrir, dernier khalifa d'Abdel-Kader dans le Ziban, avait fui vers le mont Aurès, où il avait rassemblé des Kabyles, Le prince, parti le 15 mars, dispersa cette réunion après un combat que le Moniteur algérien déclare « des plus honorables d,

Si-Mohammed-Sgrir, en s' enfonçant dans l'Aurès, avait laissé une partie de ses richesses à Mechmech {r Abricot)^ jolie petite oasis située à huit lieues N,-E,

de Bîskra. L'Aurès s'y termine en rochers escarpés. L'Oued-el-Abîod {Bimère blanche \ sortant d'une gorge impraticable, y arrose une petite vallée de palmiers. Sur les flancs à pic des collines^ trois petits fortins et un village retranché servaient de dépôt à l'oasis et à la région saharienne voisine.

En approchant de Mechmech, le 11 mars, nos cavaliers furent accueillis à coups de fusil. Us se replièrent sans riposter sur le quartier général. Le prince partit le 15 de Biskra avec 1,200 baïonnettes, 400 chevaux et 2 pièces de montagne. Trois mille montagnards saluèrent notre approche par de grands cris de guerre. Au pas de course nos soldats enlevèrent la position ouest. De là, les obusiers, sous la direction du duc de Montpensier, lancèrent des obus sur la section est et sur l'oasis. Il fallut quatre heures d'un combat très vif pour se rendre maître de la position et des trois fortins.

Cette journée nous coûta 6 hommes tués dont 1 capitaine; 16 blessés dont 5 officiers; parmi eux le duc de Montpensier, légèrement atteint à la joue (1).

(1) Antoine-Marie-Philippe-Louis d'Orléana, duc de Kontpensier, né à Neuilly, le 81 juillet 1824 , est le cinquième fils du roi Louis-Fliilippe, Comme ses frères, il fit ses études au collège Hexuri IV et fat en 1842 reçu, iqarèa nn examen spécial, dans le troisième régiment d'artillerie , avec le grade de lieutenant. Parti pour l'Afrique, en 1844, il prit part à l'expédition contre Biakra et se distingua dans la campagne du Ziban où il reçut une légère blesBure près de l'œil gauche. Il obtint alors la croix d'honneur et l'épanlette de chef d'escadron. Après avoir accompagné le Boi dans son royage en Angleterrei il retourna en Algérie, en 1846, et se signala de nourean contre les Kabylei de rOuarensènis ; puis il s'embarqua à Alger pour visiter Tunis, TËgjrpte, la gyrie, Constantinople et la Grèce. Il venait d'être promu an grade de général de brigade, lorsqu'il épousa, à Madrid, Marie-Louise-Ferdinande de Bourbon, sœur d'Isabelle II (10 octobre 1846). On se rappelle le vif désappointement

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