CHAPITRE xni
Le lendemain , le duc d' Aumale séjourna à Mechmech. Les forts et magasins arabes fiirent incendiés. On apprit que le khalifa d'Abdel-Kader s'était retiré dans le Serès en Tunisie.
Pendant que le duc d'Aumale parcourait victorieusement les premières oasis, l'ex-bey de Constantine, Ahmed, réfugié, lui aussi, dans le mont Aurès, prêchait la guerre sainte et faisait attaquer à Batna le dépôt de Texpédition,
Le 10 mars , les Arabes au nombre d'un millier se jetèrent sur un petit fortin de pierres sèches en avant de Batna confié à la garde du sergent Barbier du 31% qui se défendit avec un courage remarquable. Il n'avait que 21 hommes dont 4 furent tués et 5 blessés.
Le 12 les Arabes étaient 4,000 ; ils attaquèrent une
que suscita, au sein du gouyemement anglais, cette question des mariages espagnols, menée à si bonne fin par notre diplomatie, et que le roi LouiS' Philippe considérait comme le fait capital , à l'extérieur, de son règne.
Le duc de Montpensier, banni de France comme les autres membres de la famille royale, par la révolution de février 1848, passa d'abord en Angleterre, puis en Hollande d'où il s'embarqua pour l'Espagne ; il établit sa résidence à Séville. Décoré du titre d'infant d'Espagne, il fut nommé, le 10 octobre 1859, capitaine-général de l'armée espagnole.
Sa personnalité n'est guère arrivée au premier plan qu'à l'époque de la chute delà reine Isabelle. Bans les crises politiques qui la précédèrent, le duc fut invité, dès le mois de juillet 1868, par le ministre Gonzalès Bravo , à quitter l'Espagne, d comme pouvant servir de drapeau aux ennemis des institutions espagnoles D. Avant de quitter le territoire, il envoya à la reine la démission de son grade dans l'armée, celle de son titre d'infant d'Espagne et les décorations qu'il avait reçues d'elle. Après le triomphe de la révolution de septembre, il reconnut le gouvernement provisoire et demanda l'autorisation de se rendre à Séville. La candidature du duc de Montpensier au trône devenu vacant fut une des premières proposées et la plus sérieusement soutenue par divers organes de la presse espagnole et étrangère. On a beaucoup discuté ses chances de succès et l'opposition prétendue que lui faisait le gonvemement impérial de France.
Le duc de Montpensier réside presque habituellement en France depuis 1870. Il semble aujourd'hui avoir abandonné toute participation à la politique.
autre redoute confiée au sergent-major Meyer, mais sans succès. Nos hommes tués dans ces deux jours furent au nombre de 10, nos blessés de 27. Le prince rentra à Batna, le 21 mars, sans avoir été inquiété.
A rissue de cette campagne le maréchal Bugeaud écrivit au duc d' Aumale une lettre de félicitations d'un haut intérêt. Il y est question, non seulement de l'expédition du Ziban, mais de toutes les affaires d'Algérie, et, aussi, de ce qui s'en disait en France :
Le maréchal Bugeaud à S, A. R. le gvncral duc (TAumale.
Alger, le 80 mars 1844.
Mon Prince,
Votre Auguste famille, en recevant votre rapport, ne sera pas plus satisfaite que je ne Tai été. Le succès de la première partie de votre campagne est complet. Le Ziban est soumis et organisé ; on vous a payé l'impôt et pour couronner cet heureux résultat, le khalifa de TÉmir et les Kabyles vous ont fourni l'occasion de gagner un combat, ce qui vaut mieux pour l'effet moral que si les choses s'étaient passées sans coup férir, quoi qu'en dise M. Duverrier, qui vous écrit pour vous conseiller de ne vaincre les Arabes qu'avec votre bonté, la douceur de nos mœurs et de nos lois, enfin par la générosité qui vous distingue ainsi que notre nation. Tout cela est fort bon après la victoire et la soumission ; mais avant, c'est absolument niais et impuissant. Et puis, est-ce que nous avons attendu les conseils de M, Duverrier et de V Algérie pour faire de l'humanité, de la bonté, de l'administration avec les Arabes?
Comme on ne comprend pas en France que nous allions