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CHAPITRE XIV

dans la passe du Nord. Il était une heure de l'après-midî lorsque notre mouvement a conâmencé.

Aussitôt que les Arabes ont vu les vaisseaux se diriger vers la ville, ils ont commencé le feu de toutes les batteries. Nous avons attendu pour répondre que chacun eût pris son poste. A quatre heures et demie, le feu a commencé à se ralentir. Les bricks le Cassardy le Volage et V Argus sont alors entrés dans le port et se sont embossés près des batteries de l'île avec lesquelles ils ont engagé une lutte assez animée.

Enfin, à cinq heures et demie, les bateaux à vapeur, portant 500 hommes de débarquement, ont donné dans la passe, sont venus prendre poste dans les créneaux de la ligne des bricks et le débarquement sur l'île s'est immédiatement effectué.

L'île a été défendue avec le courage du désespoir par 320 hommes, Maures et Kabyles, qui en faisaient la garnison. Un grand nombre a été tué ; 140 d'entre eux, renfermés dans une mosquée, ont fini par se rendre.

L'île prise, il ne nous restait plus qu'à détruire les batteries de la ville qui regardent la rade. Notre canon les avait déjà bien endommagées; il fallait les mettre complètement hors de service.

Hier donc, sous les feux croisés de deux bateaux à vapeur et de deux bricks, 500 hommes sont débarqués ; ils n'ont point rencontré de résistance. Nous avons encloué ou jeté à la mer les canons ; nous eu avons emporté quelques-uns ; les magasins à poudre ont été noyés ; enfin nous avons emmené ou défoncé toutes les barques qui se trouvaient dans le port.

Je crois que nous aurions pu, & ce moment, pénétrer sans danger dans l'intérieur de la ville; mais ce n'aurait été qu'une promenade sans but et sans autre résultat qu'un

inutile pillage. Je m'en sois donc abstenu et j'ai ramené nos troupes sur l'île, et les équipages à bord des navires.

Je m'occupe d'installer sur l'île une garnison de 500 hommes.

L'occupation de l'île, sans le blocus du port, serait une mesure incomplète.

Je me conforme à vos ordres en fermant le port de Mogador. La viUe est, en ce moment où je vous écris, en ien, pillée et dévastée par les Kabyles de l'intérieur, qui, après en avoir chassé la garnison impériale, en ont pris possession.

Nous venons de recueillir le consul anglais, sa famille et quelques Européens.

Je ne veux pas terminer sans vous dire combien j'ai eu à me louer de tous ceux que j'ai eus sous mes ordres,

François d'Orléans.

Nous trouvons dans la correspondance du maréchal la lettre suivante qu'il adressait à sa fille vers cette époque et dans laquelle il lui donne ses instructions pour le retour en France de la maréchale dont la santé était alors gravement compromise.

Le maréchal Bitgeaud à M"'' Lconie Bugeaiid.

BLvoiiHC sur TOucd-Miivlade, 10 juillet 1844.

Chère Léonie, que ta petite lettre du 25 m'a fait de mal ! Je comptais sur la nouvelle d'un entier rétablissement de notre chère malade et c'est une rechute que j'apprends, une nouvelle convalescence qui paraît moins avancée qae la première, puisque les docteurs n'ont pas voulu qu'elle m'écrivît. Oh! que je maudis en ce moment la chaîne qui me

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