CHAPITRE II
défiiMte, mal connue du gouverneur gén< u,' .«ais qui, eu fait, le rendait indépendant de celui-(S. "* * it
On écrivait de Toulon, le 14 avril 1837 : ' ^
Le vapeur le Sphinx a mouillé aujourd'hui en rade dti Lazaret. Ce bâtiment nous apporte des nouvelles d'Oran en date du 8 avril.
M. le général Bugeaud est arrivé le 5 par le bateau à vapeur le Sphinx qui l'a pris à Port-Vendres. Le général a avec lui ses aides dd^ipoip, et M. Combes^ colonel commandant le 47®, en tout huit personnes.
Aussitôt son arrivée, M. Bugeaud a eu des entretiens avec les principaux chefs arabes, notamment avec Ismaël, qu'il connaît beaucoup. Le 6, le général a reçu la visite des officiers de la garnison ; immédiatement après on a commencé l'organisation de l'armée d'opération, en ce moment déjà prête à entrer en campagne.
La division active ne dépasse pas 12,000 hommes; elle est composée des 1®^, 23®, 24®, 47®, 62® régiments d'infanterie de ligne, 2® chasseurs d'Afrique , 3® bataillon d'Afrique, spahis et Arabes auxiliaires. Le corps expéditionnaire a été divisé en 3 brigades commandées par MM. les généraux Kulhières et Laidet, et le colonel Combes.
M. le général de Brossard, commandant la division d'Oran, ne fera pas la campagne; mais il aura sous ses ordres, au chef-lieu de la division, quelques troupes de ligne, le génie et l'artillerie.
On vient de mettre à l'ordre du jour de l'armée active que les soldats devront être en capote, et n'avoir dans leur sac qu'une paire de souliers, des chemises, et les petits objets nécessaires pour réparer leurs effets. Le bruit de l'évacua-
tion du camp de la Tafna, qui était déjà répanda, a pris de la consistance depuis Tarrivée du général Bugeaud ; mais il paraît que, pour le moment, on se bornera à en diminuer la garnison.
Tout s'annonce bien; l'armée est animée du meilleur esprit.
Le général Bugeaud était un des plus jeunes généraux de division, mais il était, à vrai dire, investi de la confiance personnelle du Roi. De plus, il était député ; ce qui, dans ces temps de parlementarisme, lui donnait vis-à-vis d'officiers plus anciens, tels que le gouverneur général de Damrémont, ime sorte d'indépendance exceptionnelle. On a souv ent écrit, à l'occasion de l'affaire de la Tafna, que le général avait alors pour mission de recommencer la guerre contre Abdel-Kader, s'il ne pouvait l'amener à la paix. Il avait surtout la mission de faire la paix et de dégager momentanément, comme nous l'avons dit, le gouvernement et l'armée française de toute préoccupation dans les provinces du centre et de l'ouest.
Telle était la pensée secrète, le véritable but du gouvernement du Roi, et ce qui le prouva, fut la ratification du traité de la Tafna, malgré les objections très sérieuses du général de Damrémont et les violences de l'opposition française dans la presse et au parlement. Le général Bugeaud, qui, selon ses instructions formelles, devait cantonner l'Émir au delà du Chélif et lui faire payer tribut, le dispensa du tribut et lui concéda, au nord du Chélif, le district de Cherchell,