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CHAPITRE XIV

nous voulioDS la paix. Son armée se renforçait chaque jour par de nouveaux contingents et l'orgueil augmentait avec les forces.

On parlait ouvertement, dans le camp marocain, de prendre Tlemcen, Oran, Mascara et même Alger. C'était une véritable croisade pour rétablir les affaires de l'Islamisme. On croyait qu'il nous serait impossible de résister à une aussi grande réunion des cavaliers les plus renommés, dans l'empire du Maroc, et l'on n'attendait pour nous attaquer que l'arrivée des contingents d'infanterie àes Béni- Senassen et du Rif qui devaient nous assaillir par les montagnes au pied desquelles se trouve Lalla-Maghrnia, pendant qu'une immense cavalerie nous envelopperait du côté de la plaine.

Les neuf jours d'incertitude qui venaient de s'écouler avaient déjà jeté, derrière moi, du trouble dans les esprits. Les partis ennemis m'avaient déjà attaqué deux fois dans les combats de Djemaa-Ghazouat, et la bonne volonté des tribus était près de s'éteindre. Deux reconnaissances étaient venues jusqu'à une portée de fusil de Lalla-Maghrnia, et avaient attaqué nos avant-postes.

Un plus long doute sur notre force et sur notre volonté de combattre les adversaires que nous avions en face pouvait provoquer derrière nous des révoltes qui, indépendamment des autres embarras, auraient suspendu les approvisionnements des corps d'armée de l'Ouest. J'aurais préféré, par ces chaleurs excessives, recevoir la bataille que d'aller attaquer un ennemi qui était à huit lieues de moi ; mais les dangers d'une plus longue attente me décidèrent à prendre l'initiative.

Le général Bedeau m'ayant rallié, le 12, avec trois bataillons et six escadrons, je me portai en avant le 13, à trois

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heures de l'après-midi^ en simulant un grand fourrage afîa de ne pas laisser comprendre à Tennemi que c'était réellement un mouvement offensif. A la tombée de la nuit, les fourrageurs revinrent sur les colonnes et nous campâmes en ordre de marche, en silence et sans feu. A deux heures du matin, je me remis en mouvement.

Je passai une première fois l'Isly, au point du jour, sans rencontrer Tennemi. Arrivé à huit heures du matin sur les hauteurs de Djarf-el-Akhdar, nous aperçûmes tous les camps marocains encore en place s'étendant sur les collines de la rive droite. Toute la cavalerie qui les composait s'était portée en avant pour nous attaquer au second passage de la rivière. Au milieu d'une grosse masse qui se trouvait sur la partie la plus élevée, nous distinguâmes parfaitement le groupe du fils de l'Empereur, ses drapeaux et son parasol, signe de commandement.

Ce fut le point que je donnai au bataillon de direction de mon ordre échelonné. Arrivés là, nous devions converger à droite et nous porter sur les camps en tenant le sommet des collines avec la face gauche de mon carré de réserve. Tous les chefs des diverses parties de mon ordre de com« bat étaient près de moi ; je leur donnai rapidement mes instructions, et après cinq ou six minutes de Iialte, nous descendîmes sur les gués au simple pas accéléré et au son des instruments.

De nombreux cavaliers défendaient le passage; ils furent repoussés par mes tirailleurs d'infanterie avec quelques pertes des deux côtés, et j'atteignis bientôt le plateau immédiatement inférieur à la butte la plus élevée où se trouvait le fils de l'Empereur. J'y dirigeai le feu des mes quatre pièces de campagne, et à Tinstan t le plus grand trouble s'y manifesta.

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