‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 256 sur 294 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Avec un gouvernement comme le leur, il faudrait plusieurs siècles pour leur donner les conditions du succès dans les batailles.

Je n'entreprendrai pas d'énumérer toutes les actions d'éclat qui ont signalé cette journée, mais je ne puis me dispenser de citer les noms des militaires de tous grades qu'on a le plus remarqués.

J'ai été parfaitement secondé dans la conduite de cette bataille qui a duré quatre heures par M. le lieutenant général de Lamoricière ; par M. le général Bedeau, commandant la colonne de droite ; par M. le colonel Pelissier, commandant la colonne de gauche ; le colonel Cavaignac, du 32™*', commandant la tête de colonne du centre ; le colonel Gachot, du 3°^® léger, commandant l'arrière-garde ; le colonel Tartas, commandant toute la cavalerie ; par M. le colonel Yusuf, qui s'est hautement distingué dans le commandement des neuf escadrons formant le premier échelon de cavalerie, et M. le colonel Morris (1), qui a soutenu avec autant d'intelligence que de vigueur le combat sur la rive gauche de l'Isly que j'ai décrit tout à l'heure. M. le capitaine Bonami, commandant mes seize pièces d'artillerie, a dirigé son feu

(l) Morris (Louis-Michel), né le 17 octobre 1803, fut admis en 1821 à l'École militaire de Saint-Cyr. Il passa dans la cavalerie et fut envoyé en Algérie en 1837, avec le grade de chef d'escadron aux chasseurs d'Afrique , corps où il devint lieutenant -colonel et colonel (1843). Cité pour ses brillants faits d'armes à l'ordre du jour de l'armée, il se distingua principalement aux affaires de Graba et de Kammis, à la prise de la smalah d'Abdel-Kader et à la bataille d'Isly. Promu maréchal de camp en 1847 et général de division en décembre 1851, il commanda en Crimée uqe division de cavalerie et fut, à son retour, mis à Li tête de la cavalerie de la garde impériale. Le général Morris prit également part, en 1859, à la campagne d'Italie et en 1863 fut nommé au commandement de la cavalerie régulière et des établissements hippiques de l'Algérie. Le général Morris est mort en 1867. — Ce soldat intrépide qui, dès l'enlèvement de la smalah, avait fait preuve d'une énergie et d'une résolution rare, était fort apprécié par le maréchal Bugeaud*

/ Il ne le fut pas moins par l'empereur Napoléon III. Ses deux fils sont

/ aujourd'hui oflBcicrs.

4ÎjS le 3lARéCHAL BrCEAUD.

imnout av«.'C iuUrlligeDce et a renda de très grands services.

Je citerai dans Tétat-major général : mon aide de cam]*. M. le colonel Eynard ; le lientenant-colonel de Crenz ; MM. les chefs d'escadrons de Gonyon et de Martimprey ; M. le colonel Foy qni a rempli auprès de moi les fonctions d'officier d'ordonnance ; M. le commandant Caillé qni a rempli les mêmes fonctions anprës du général Bedeau; les capitaines de Courson, Espivent, de Gissey, Trochu ; mon interprète principal, M. Léon Roches, qni se distingne en toute occasion de guerre ix)nr laquelle la nature l'avait fait ; enfin le chef douair Kaîd-Mohammed-ben-Kaddour, attaché à ma personne, qui a pris un drapeau (1).

(Suit la nomenclature des ofHciers et soldats à Tordre du jour.)

Agréez, etc.

Siffné : BuGEAun.

(I) Tjii lottrc ci-<Ie<">onn du commandant de Saint- Arnaud à son f rûrc monf ro qiiclU; <;t:iit la confiance de lurmée dans son illostre chef.

BUdah, le S8 aoftt 1844.

Tu Ui naU, avii' ]iIih di* (1<'tfli1«{ qnc moi ptrat-^trc, le mArâclial a lirré, le 14. nno YttJe < t K.'ivfiiit'O Uittiille aux Marociiins et les a battus, comme il battra Unu ceux, Marocains ou hutn'M, c|ui vir^ndnmt ■><• fmttcr à lui. Se» diKixwitions étaient admiraliles, et je ytnx te I<Hi inf'trT ijroMo nuulo pour t'en donner nno idOe. Un grand carré de donae tmtaflkms , tU'xxx Uitaillonrt oii rftf.'rvcf, en l/ataillons diitiKMérf en masse poarant fxmna de petits carrés i-o1('-s, ('■chfloniM'S à8ol\iint«f \fM ; le man^lial et son état-major derrière le premier bataillon, l'artiUmc dcrriùre lui, pn-te à jouer où IwiMin sera, dans lu interralloB îles 'imtafltfmfi la cuviil('ri<; à droite vt û Ktiu(:li<; diins riiitt'Tlcur, ponvant sortir et charger par interralles. Au rcntn; Ich bil(;n^'<^4, riiiiiliuliincf; nt les doux bataillons de rèsenre. (^est dans cet ordre i vyjitioii a<lniimble, que le iiiam'hal n, ixassé risly, et aussitôt sa petite année a été atta> i]U('-c, MiYcloppéf! ]iar nno nuée de caTalicrR qui tourbillonnaient antoor deoea carrés tôtiiiidiibI<-H où le; fou le pluH nourri les recevait. G^est ainsi qu'Us ont fait le tonr de rarmée. Alors \i: niarn-hfll a lancé Morris et ses escadrons par sa droite. Morris a chai^ avec one vif^HH-iir o-xtrôme et cnt tonit>c au milieu de trois on quatre mille Kalqrlea. Il a formé ses <!-(radront< en aim* et a envoyé prévenir le maréchal qcd loi a envoyé les deux batalllomt de n'-serv(*. Alors, il a cliargé de nouveau et a tout renversé. Los spiAis <mt été euTdi^ipés \n\.r vingt mille cavaliers; iiendant une demi-licure on ne les voyait pins. Que décourage, *iue de p"rK('!vénmeo il a fallu ]Kmr trouer cette maneet la chasser! 3Bt cela s'est fdlt; niuirt on a iNTdu du monde et do ))ravcs gens. Tu connais le zerte rt les lésoltats. Ccsft une liril tante et glorieuse afTaire, (]iii nous relève en Europe. Le maréchal a proiiTé ce

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