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CHAPITRE XIV

retentissement en France et en Europe et le gouvernement du Roi comprit, cette fois, qu'il avait sagement agi en confiant au maréchal le soin de sauvegarder son honneur et de juger seul les questions militaires. Le roi Louis-Philippe octroya au vainqueur de l'armée marocaine le titre de duc d'Isly, et le 29 août adressait au gouverneur la missive suivante :

Le Roi au maréchal Btiffeaud.

Neuilly, 29 août 1844.

Mon cher Maréchal, c'est avec une vive et profonde émotion que je viens vous féliciter sur les brillants exploits que vous venez d'ajouter à tous ceux qui ont illustré nos drapeaux. La noble résolution que vous avez prise de livrer la bataille d'Isly avec une armée aussi disproportionnée en nombre à celle que vous attaquiez, a produit sur nos braves soldats la sensation que j'ai éprouvée, moi-même, en l'apprenant. J'ai senti que cet appel à des soldats français devrait les rendre invincibles et ils l'ont été ! Soyez, mon cher Maréchal, mon organe auprès d'enx. Dites-leur que c'est an nom de la France, autant qu'au mien, que je vous demande d'offrir à cette brave armée que vous avez si glorieusement conduite à la victoire, l'expression de la reconnaissance nationale^ et celle de l'admiration qu'inspirent sa sa valeur et son dévouement.

Recevez, mon cher Maréchal, l'assurance de tons les sentiments que vous conservera toujours.

Votre affectionné,

Louis-Philippe.

S. A. R, M^ le duc de Nemours au MaréchaL

Bnchy (Moselle), 81 août 1844.

Monsienr le Maréchal,

C'est avec un sentiment d'orgueil national que j'ai lu le récit de l'éclatante victoire que vous venez encore de remporter sur l'année marocaine. Comme Français, je jouis du nouveau service que vous venez de rendre au pays; comme militaire, j'éprouve une nouvelle joie à voir ce beau fait d'armes accompli par un général sous les ordres duquel j'ai moi-môme servi avec des troupes qui viennent , de donner encore cette brillante preuve de l'énergique dévouement au drapeau et à la France, traditionnel dans nos armées. Aussi, ne puis-je résister au désir de joindre ici mes félicitations à toutes celles que vous vous êt.es déjà si justement acquises.

Recevez, je vous prie, monsieur le Maréchal, l'assurance des sentiments que vous me connaissez pour vous.

Votre affectionné,

Louis d'Orléans.

La victoire est une situation commode, car elle permet de la sagesse avec dignité. Nous n'avions, d'ailleurs, aucun intérêt à poursuivre à outrance les Marocains et à affaiblir l'autorité déjà ébranlée de l'empereur Abder-Rhaman , au profit d'Abdel-Kader, que son intelligence et son prestige rendaient plus dangereux que le souverain.

Nos exigences furent modestes et des négociations

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