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CHAPITRE XIV

s'ouvrirent (1). Elles eurent lieu naturellement à Tanger. Le prince de Joinville désirait que la France recueillît des satisfactions complètes: le maréchal, au contraire, inclinait à la modération, comme on le verra par la lettre suivante écrite le 3 septembre 1844.

Le maréchal Bugeaud au prince de Joinville.

Quant aux conditions de la paix, mon Prince, je serais moins rigoureux que vous, pour ne pas ajouter de nouvelles difficultés à celles qui existent et qui sont déjà assez grandes. Si nous n'avions pas à côté de nous la jalouse Angleterre, je crois que nous pourrions tout obtenir à cause des succès déjà réalisés, et parce que l'empire du Maroc est fort peu en état de continuer la guerre, tant il est désorganisé et indiscipliné. Mais , dans notre situation vis-à-vis de nos voisins ombrageux, nous devons nous montrer faciles. Je ne demanderais donc pas que l'Empereur payât les frais de la guerre, ni qu'il nous livrât *Abdel-Kader : j'ai la conviction que l'Empereur s'exposerait plutôt à continuer une mauvaise guerre que de donner un seul million. Je sais qu'il est sordidement intéressé. Quant à Abdel-Kader, il ne pourrait pas le livrer sans se faire honnir par tout son peuple. Contentons-nous d'exiger qu'il soit placé dans

(1) M. Achille Fillias, un des plus compétents et des pluH distingués parmi Ion publicLstes algériens, a écrit un opuscule sur les négociations entre le Maroc et la France. — Nous sommes heureux à ce propos de rendre justice aux nombreux travaux historiques et géographiques de M. Fillias avec lequel nous différons sur bien des points, mais qui connaît rAlgéric et a beaucoup contribué à la faire connaître. Nous en dirions autant de la rcmarf|uablo et récente îmblication de M. Maurice Wahl, si ce dernier n'avait reouolUl un jmîU légèrement toutes les calomnies qui traînent sur le maréchal.

544 LB UASÉCBAL BUGBAUD.

une des villes de la côte de TOoéan et qne Ton s'oblige à ne pas le laisser reporter la gnerre à la frontière.

Siffné : Bugeaud.

Le comte de Nyon, consul général et chargé d'affaires, et M. le duc de Glûcksberg (1)^ secrétaire de l'ambassade de France à Madrid, étaient chargés, de concert avec le prince de Joinville, de suivre les négociations.

Les succès éclatants que viennent de remporter nos forces de terre et de mer dans la lutte engagée entre nous et le Maroc, écrivait M. Guizot à ces diplomates, n'ont rien changé aux intentions que le gouvernement du Roi avait acceptées avant le commencement de la lutte.

Ce que nous demandions alors comme les conditions nécessaires du rétablissement des relations amicales entre les deux États et comme la seule garantie propre & nous assurer contre le retour des incidents qui ont troublé nos relations, nous le demandons encore aujourd'hui, sans y rien ajouter. Car le but que nous nous proposons est toujours le même et aucune vue d'agrandissement ne se mêle à notre résolution bjen arrêtée de ne pas permettre qu'on méconnaisse les droits et la dignité de la France.

Qne les rassemblements extraordinaires de troupes marocaines formés sur notre frontière, dans les environs d'Ouchda, soient inmiédiatement dissous;

Qu'an ch&timent exemplaire soit infligé aux auteurs des

(1) M. le dac de Glîicksberg, qui ne portait pas encore le titre de duc Pecazes, était Ûh da dac Decazes, Tancien miniatTe libéral de la Beataaratioui grand référendaire à la chambre des Pairs sons le roi Louis-Phib'ppe.

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