‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 29 sur 294 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

mourir tous que de céder davantage. Il a fallu disputer longtemps pour obtenir l'article 4, qui établit que les musulmans qui vivent sur notre territoire ne seront pas soumis à la domination de l'Émir. Ce point intéressait la religion à laquelle ces hommes sont attachés jusqu'au fanatisme. U n'a pas fallu moins de débats pour obtenir la cession de quelques portions de territoire appartenant à des tribus dévouées qui, les premières , ont élevé Abdel-Kader sur le pavois. Enfin, il n'est presque pas un article qui n'ait été vivement disputé.

J'ai demandé avec force Tenès et Cherchell ; mais Abdel- Kader a répondu que ces deux ports étaient entourés de Kabyles sur lesquels il n'avait aucune influence religieuse ; que ces peuplades étaient si sauvages, si indépendantes, que si nous allions nous établir là, nous serions, comme à Bougie, toujours en guerre avec elles ; mais qu'il croyait pouvoir garantir qu'il obtiendrait la libre pratique de ces deux petits ports pour notre commerce. Il a bien fallu se payer de ces raisons, que je crois d'ailleurs véridiques d'après les renseignements que j'ai.

J'aurai l'honneur de vous faire observer que, si nous rendons Tlemcen qui nous était onéreux, nous acquérons deux villes que nous n'avons jamais occupées sérieusement, Blidah et Coleah. J'ai la ferme persuasion qu'il était impossible d'obtenir davantage avant d'avoir fait une longue guerre semée de succès et peut-être de revers.

Que risquons-nous d'essayer du régime qui sera fondé par l'arrangement que je viens de faire? Nous aurons tout d'abord une grande diminution dans les dépenses courantes et dans les pertes de tout genre qu'entraîne la guerre, en hommes, en chevaux, en mulets, en vêtements, en équipages, en munitions, en prix excessifs de denrées, etc., etc. — La»

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