CHAPITRE PREMIER
qu'il valait mieux qu'un autre dans cette poursuite de nomades...
<£ Cependant nous devons dire, pom: être juste, que Bugeaud, par son système de guerre, par ses expéditions souvent hardies, toujours heureuses, par Tintrépidité de son action, et, si Ton peut s'exprimer ainsi, par la mobilité de son courage, consolida notre puissance en Algérie, pacifia plusieurs de ses provinces, chassa les Arabes jusqu'aux confins du désert, porta de rudes coups à ce prestige dont jouissait Abdel-Kader, et prépara pour l'avenir les germes d'une colonisation sérieuse et féconde. »
Au moment où le général Bugeaud reçut du ministre de la guerre l'ordre de se rendre en Algérie, les possessions françaises du nord de l'Afrique étaient placées sous le gouvernement du maréchal Clauzel, lequel, pour la seconde fois, venait d'être investi de ces hautes fonctions (8 juillet 1835).
L'opinion ou mieux la malignité publique imputait alors hautement au Roi et à son gouvernement l'intention secrète d'abandonner les nouvelles conquêtes , désespérant de s'y étahUr avec profit.
Deux systèmes partageaient les Chambres et le pays : l'un consistait à frapper vigoureusement l'esprit des Arabes par des expéditions successives et à renoncer aux demi-mesures qui paralysent ou entravent toutes les entreprises; l'autre consistait à se fortifier, à s'établir solidement dans certaines parties déterminées du territoire, en sachant dominer et pacifier en même temps.
C'était au gouvernement de la Restauration que revenait rhonneur d'avoir planté le drapeau de France sur la terre d'Afrique. Le général de Bourmont avait débarqué à Sidi-Feruch le 14 juin 1830. Alger capitula le 5 juillet, et le dey d'Alger eut la faculté d'abandonner ses États. Quelques jours après, le roi Louis- Pbilippe succédait au roi Charles X, et ainsi la dynastie d'Orléans se trouvait bénéficier des dernières victoires de la branche aînée des Bourbons. En dépit de la jalousie et du mécontentement de l'Angleterre, le nouveau gouvernement n'hésita pas à conserver cette glorieuse conquête de la Restauration. Ce ne fut pas toutefois sans de graves difficultés et sans l'opposition d'une partie notable de la nation. Les destinées de l'Algérie furent longtemps incertaines. On comprenait peu en France les avantages et l'importance de cette magnifique possession; les opinions les plus variées, les plus contradictoires, les plus bizarres étaient émises dans les Chambres ; les partisans de l'occupation restreinte et même de l'abandon étaient nombreux.
D'autre part, les préoccupations que causait l'état de l'Europe au cabinet français, les troubles de l'intérieur ne permettaient point au gouvernement du Roi de profiter dans une large mesure de cette importante colonie.
Les premières années de la domination française en Algérie furent pénibles et stériles à la fois, et le choix des généraux déplorable. Les cinq ou six années qui suivirent la conquête constituent une période de tâtonnement. L'opinion en Franin «* même dans la co-