‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 42 sur 294 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Pkocès Brossaed. — 1838-1839.

Procès du général de Brossard. — Appréciation du traité de la Tafna. — Le juif Ben Durand. — L'article secret du traité. — Le ravitaillement de Tlemcen. — Complicité du général de Brossard. — Le conseil de guerre de Perpignan (août 1838).

— Déposition du général Bugeaud. — Incidents d'audience. — M. Boinvilliers, le défenseur. — Condanmation du général de Brossard. — Bevision du procès. — Acquittement et internement. — Correspondance avec M. Boinvilliers.

— Lettre à M. Gktrdère. — Le général Bugeaud est nommé commandant de la quatrième division d^infanterie du corps de rassemblement sur la frontière du nord (janvier 1839). — Séjour à Lille. — Élections de mars 1839. — Le général est renommé député d'ExcideuiL — Correspondance avec le duc d'Orléans.

Nous aurions voulu passer sous silence, pour des raisons que Ton comprendra, un incident douloureux dans la vie du général Bugeaud, Toutefois cet incident eut trop de retentissement à Tépoque où il éclata, et les ennemis du grand soldat cherchèrent trop à en tirer parti contre lui, pour que nous ne lui donnions pas une place importante dans ce récit.

Notre héros, hâtons-nous de le dire, n'avait personnellement rien à redouter de Tissue du procès intenté au général de Brossard; mais on comprend combien fut pénible au général Bugeaud, non point pour se disculper ou se justifier, mais pour éclaircir les faits, de révéler certains actes d'indélicatesse repro-

chés à son collègue le général marquis de Brossard. Le traité de la Tafna donnait prise à de graves critiques. Constituer Abdel-Kader souverain de la presque totalité des provinces d'Oran et d'Alger, en réservant seulement les ports et une zone assez mesquine destinée à la colonisation, c'était renoncer à la belle conquête faite à la dernière heure, par le gouvernement de la Restauration. C'était la réduire aux médiocres proportions des présides barbaresques, autour desquels, depuis Charles-Quint, le gouvernement espagnol avait toujours vu bloquer ses rares colons, sans pouvoir, malgré la proximité de la métropole, tirer de cette possession aucun utile parti. Le général Bugeaud voyait si bien les défauts de son œuvre, qu'il crut devoir justifier sa conduite dans la lettre qu'il adressait au président du Conseil des ministres le 29 mai 1837 (voir page 61). f Le traité de la Tafna contenait un article secret ' aux termes duquel l'Émir devait verser au général Bugeaud 100,000 boudjous, soit 180,000 francs ; le général ayant droit, comme plénipotentiaire, à ce qu'on appelle en langage officiel ce un cadeau de chancellerie », M. le comte Mole, alors ministre des Afiaires étrangères, avait dûment autorisé le général à toucher cette somme, que celui-ci destinait d aux chemins vicinaux de son département, et à récompenser les officiers qui l'approchaient d. Toutefois le gouvernement français refusa d'accepter cette clause. Le général Bugeaud laissa donc à l'Emir ses 100,000 boudjous, et lui paya de la sorte les fourni-

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