‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 6 sur 294 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

armes. Les parties contractantes promettaient protection aux voyageurs européens dans l'intérieur, aux musulmans dans les villes de la côte.

,Le général Drouet d'Erion prit le gouvernement général le 22 juillet 1834. Né en 1765, ce vétéran des guerres d'Espagne et de Waterloo, étant fort âgé, fut doublé du général Rapatel pour lé commandement de r armée.

Le nouveau gouverneur commença par désavouer la politique de concessions dont le honteux traité Defimaichels était le couronnement. Il rappela le négociateur et le remplaça parle général Trézel, partisan de la conquête. Abdel-Kader, inquiet de ce changement, accrédita à Alger, près du gouverneur Drouet d'Erlon, le juif oranais Ben Durand, ancien drogman de Hussein Dey, et instigateur secret du traité Desmichels.

Bien que la limite du Chélif ne fût pas inscrite au traité de 1834, elle était acceptée d'un commun accord. Abdel-Kader, voulant sans doute montrer qu'il n'entendait pas faiblir devant le changement possible du système français, passa le fleuve et entra à Milianah , où les musulmans le reçurent avec enthousiasme. Il y installabey Ben Allai SidiEmbarek, homme de guerre remarquable, d'une grande famille du Sahel d'Alger, et qui nous avait un instant servis. Il créa en outre dans la ville un arsenal, et une fonderie de canons.

ans, l'objet de la part de ces coreligionnaires, l'Émir s'est refusé à reprendre la lutte contre la France. Dieu, n'ayant point permis qu'il fût vainmieur, le

\ musulman a brisé son épée , le fidèle croyant , devant l'arrêt fatal , S courbé

r la tête et s'est agenouillé.

10 LE MAKÈCHAL BUGEAIJD.

Malgré ses instaoces, le général Trézel ne recevait pas d'instructions du vieux gouverneur, circonvenu peut-être par Ben Durand. C'est alors que, jugeant la situation trop grave , car Tempiétement sur Milianah n'était pas un fait isolé, Trézel prit l'offensive. Il se porta en avant d'Oran dans la vallée du Sig. Les

hostilités ne tardèrent pas à commencer. Dans une première journée, le colonel Oudinot, commandant la cavalerie française d'avant-garde, fut tué. Le général Trézel, à la tête de T arrière-garde, recommença l'attaque; mais ses troupes, manœuvrant mal, se jetèrent les unes sur les autres; la confusion fut grande ; l'indiscipline s'en mêla ; les bagages furent pillés et les tonneaux d'eau-de-vie défoncés par nos propres troupes.

L'ennemi grossissait à chaque heure. Le second jour, Trézel se décida à battre en retraite, plaçant son convoi entre ses deux corps de troupes. La route directe sur Arzew paraissant être occupée par l'ennemi, le général français crut bien faire en regagnant la côte par les gorges et les marais de la Macte. Mais l'Emir, guettant le mouvement, occupa le premier le défilé. Notre arrière-garde, craignant d'être coupée, se débanda et rejoignit l'avant-garde. Saisis de panique, les conducteurs du convoi coupèrent les traits et s'enfuirent avec leurs chevaux laissant sur le terrain matériel et blessés. Les Arabes, au milieu de cris terribles, se précipitèrent sur les caissons, égorgèrent les malades et blessés du premier jour et se ruèrent sur les bataillons débandés en agitant au bout de leurs

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