CHAPITRE IV
gulière, ou plutôt de raugmenter, car il existait en partie. Il avait de 1,500 à 2,000 hommes d'infanterie quand je lui ai livré le combat de la Sickack. Depuis il a formé un corps de 4 à 5,000 hommes ; mais ce n'est pas là ce qui fait sa force ; je dis plus, c'est ce qui fait sa faiblesse; car c'est ce qui nom permettra de V atteindre un jour.
Sa force, savez-vous où elle est? Elle est dans son insai-sissabilitéy elle est dans l'espace , elle est dans la chaleur du soleil d'Afrique ; elle est dans l'absence des eaux ; elle est dans la nomadité, si je puis m'exprimer ainsi, des Arabes.
Voilà oîi est sa force ! Voilà où elle sera longtemps, et il n'appartenait pas au négociateur de la Tafha de la lui enlever.
Messieurs, quand on a souffert les violations du traité, on a enlevé au négociateur cette responsabilité morale dont je parlais tout à l'heure. Si le traité était mauvais , dès que la partie adverse l'a violé , il fallait le rompre! Il fallait profiter de cette occasion pour reprendre de meilleures limites. Mais, au lieu de rompre le traité, on a souf- I fert des violations; dès cet instant ma responsabilité I disparaît.
Le 15 janvier 1840, la Chambre des députés discutait un projet d'Adresse au Roi dans lequel se trouvait le paragraphe suivant :
Après la victoire, nous ne doutons pas que votre gouvernement ne s'occupe de rechercher, de concert avec les deux Chambres, les moyens définitifs de garantir la sûreté et la stabilité des établissements que la France veut conserver dans l'Algérie.
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I but
Le général Bugeaud demande la suppression des mots aprls la victoire^ et en profite pour développer tout son système de guerre en Afrique.
Ce n'est pas moi qui douterai jamais de la victoire avec des soldats français, mais je ne puis approuver une telle absence d'esprit pratique.
Je serais tenté d'appliquer à ces paroles le mot du fou de François P' : a Sire, je dis que vos conseillers sont plus fous que moi ; car ils ont bien décidé que vous entreriez en Italie, mais ils n'ont pas dit comment vous en sortiriez I :»
Eh quoi! c'est après la campagne que vous discuterez le but et le plan I... Je dis que c'est encourager le Gouvernement & persister dans les voies qu*on a suivies depuis dix ans, c'est-à-dire à agir sans but, sans plan, au jour le jour; et vous voyez. Messieurs, ce qu'il en est advenu.
Ce n'est pas après la victoire, après la campagne, c'est aujourd'hui même qu'il faut inviter, presser le Gouvernement de venir à cette tribune vous dire positivement ce qu'il veut faire des 60,000 hommes que vous avez en ce moment en Algérie.
Viendra-t-on dire qu'il y aurait indiscrétion & discuter ici un plan de campagne? Cela serait vrai pour une guerre en Prusse ou en Autriche; en Afrique, ce n'est pas du tout vrai. Aucune parole ne changera la situation des Arabes ni leur système de guerre. Des magasins! ils n'en ont pas. Des lignes , des bases d'opération, des dépôts ! ils n'en ont pas.
Il n'y a donc aucun inconvénient à discuter maintenant nos plans, il y aura, au contraire, avantage ; car, selon votre but, les préparatifs de guerre et la guerre elle-même doivent être diflférents.
S'agit-il de punir une offense ou d'abattre la puissance