‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 71 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Jijy^r j^pi la Pnln,cyn(^^ r^f^lsmée par la p'^,uch^, ^X Igg^ patriotes à courte vuç.

Bugeaud constatait qu'il avait été le compagnon d'armes de tous les héros polonais de 1807, et cependant il rqpn^jifisflît dPi toutes P^g-f^^IIglJg: folie d'une intervention armée sur la Vistule après 1830.

22 septembre 1831 notamment, dans la discussion sur la Pologne, Bugeaud combattit Tutopie favorite de la gauche qui consistait à vouloir attaquer l'Europe avec des gardes nationales.

J'arrive à la question de la Pologne. J'examinerai seulement la question de la guerre par terre.

Une armée ne peut pas se passer de communications avec sa patrie. Pour envoyer une armée en Pologne, il aurait fallu ménager des communications contre la Confédération et contre l'Autriche ; il aurait fallu ensuite une armée sur le Ehin comme base d'opérations ; une armée d'observation sur les Pyrénées et des forces à l'intérieur pour maintenir les factieux ; cela ne montait pas à moins de 800,000 hommes.

Ce qui oppresse la Chambre et la France, c'est la crainte de n'avoir rien fait pour la Pologne. Je ne crains pas de l'affirmer, vous avez beaucoup fait pour la Pologne, beaucoup plus que si vous lui aviez envoyé une armée de 800,000 hommes.

En effet, il est bien constant que, dans une bataille, les troupes non engagées, mais qui tiennent en échec un corps ennemi, ne sont pas moins nécessaires que les troupes qui se battent; de même, en politique, on protège un peuple tout aussi bien en menaçant de la guerre qu'en la faisant. Eh bien, c'est le rôle que nous avons joué à l'égard de la Pologne ; nous avons dit à l'Autriche et à la Prusse : « Vous

ne ferez pas la guerre à la Pologne. » Cette menace a empoché la lutte de se terminer en quelques semaines.

Trois ans après , le 6 janvier 1834, àroccasion de la discussion de l'Adresse, il reprend le même thème.

Un honorable général a remis au jour la question polonaise, que nous croyions depuis longtemps oubliée. Qu'il me soit permis de la traiter un peu.

J'ai été profondément affecté de l'insistance qu'on a mise, dans la discussion de l'Adresse de 1832, pour faire adopter une phrase, à mon avis fort dangereuse, qui était celle-ci : « Nous avons l'assurance que la nationalité polonaise ne périra pas ! t> Une grande nation ne doit jamais proclamer que ce qu'elle peut faire ; car si ce qu'elle annonce ne se réalise pas, elle est accusée de faiblesse. (A gavjche : C'est vrai!)

Il s'agit de savoir s'il y avait possibilité pour la France d'empêcher la nationalité polonaise de périr, et, pour cela, j'ai besoin d'entrer dans quelques détails. Pour entreprendre une guerre lointaine, il faut des soldats bien encadrés, bien disciplinés. Quand on veut porter la guerre aussi loin qu'en Pologne, il faut une armée parfaitement constituée au moral comme au physique, et surtout bien nombreuse. Je ne puis évaluer à moins de 800,000 hommes l'armée qui eût été nécessaire en Pologne, soit qu'on voulût y arriver par la Baltique ou la mer Noire, comme certains orateurs l'ont proposé.

Une armée ne peut se passer d'une base d'opérations. Quelle était cette base pour nous? Le Rhin. Or vous n'avez pas les places de guerre qui sont sur le Rhin : il eût fallu commencer par en faire le siège. Une armée ne peut, non plus

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