CHAPITRE V
fonctionnaires publics s'occupent d'agriculture, qu'ils lui donnent cette grande impulsion qui est si nécessaire... Je demande en particulier que le ministre du Commerce, car les mots sont plus importants qu'on ne pense, veuille bien s'intituler aussi ministre de F Agriculture, et qu'en tête de ses lettres il mette : Ministère du Commerce et de l'Agriculture (1). (Marques d'adhésion.)
Eh ! Messieurs, c'est pour votre mère nourrice que je vous parle ; elle ne vous visite qu'une fois l'an ; vous pouvez bien lui accorder un moment d'attention, à cette pauvre mère nourrice ! — Vous savez tous ce que c'est qu'un comice agricole. Je suis obligé de le redire, car on y a prêté si peu d'attention, et cela est si important cependant... Un comice agricole, c'est une petite société d'agriculture, non pas théorique, mais pratique, qui se charge d'appliquer, sur la surface qu'elle embrasse dans son action, ce qui convient le mieux au sol, au climat, aux habitudes de la localité.
... Chaque membre du comice est jaloux de donner sur sa propriété quelques exemples des cultures qu'il préconise, qu'il récompense. Il est impossible qu'un paysan aille à la messe, à la foire, au marché, sans rencontrer sur la route quelques-uns des exemples de cultures pour lesquels on lui donne des préceptes et des récompenses.
Le comice agricole ne doit embrasser qu'un canton ; je suis bien aise de le dire à cette tribune, car on croit assez généralement qu'il serait convenable que le comice embrassât un arrondissement. Cette étendue est trop considérable. On ne trouve pas assez de zèle lorsqu'il s'agit de parcourir un arrondissement entier. Il faudrait plusieurs jours aux commissaires chargés de visiter les cultures, et le zèle ne
( 1 ) Ce vœn du député Bugeaud fut exaucé : quelques années après , le mini.«îtère du Commerce et de l'Agriculture était créé.
va pas jusqu'à découcher... Si vous faites des fêtes agricoles dans le chef-lieu du département, peu de paysans s'y rendront ; faites-les dans les cantons, tous les paysans iront»
A un autre point de son discours, l'orateur donne lecture d'une lettre de Frédéric II, roi de Prusse, où se trouve le passage suivant : a Si je trouvais un homme « qui produisît deux épis de blé au lieu d'un, je le préd férerais à tous les génies politiques, d Le général Bugeaud ajoute :
^ela est yr|^i, Messieurs; la véritable politique, la véritable liberté, c'est de donner au peuple le bign-être matériel ^uelui importent enjgffet les droits politiques, s'il n'a pas de pain, pas de meubles, rien de ce qui est nécessaire à la vie? La liberté ne serait qu'un vain mot à l'usage des follicu- Iftirps p(. ^fig fl.Tnhit.i^^;^j; ^p toufe^Ldagges et de toutes couleurs, si elle n'amenait pour les masses le bien-être matériel. Peu importent au peuple le vote électoral , le anfFr^gft jiniversel, s'il n'a pas de pain, sMl jp^a rie^ ^() ya gnî Pflf. nécessaire à la vie ! Il s'embarrasse fort peu de ses droits politiques. L'agriculture seule peut lui donner une amélio-
ration; non pas celle que. rêvent les démagogues, qui conduirait-à-tibaisserjeiiçlasafiaiilevées aiLuilMJHiUjJ^ J» muin» élevée, mais cette amélioration générale qui fait que toutes les classes à la fois s'élèvent d'un on fl^ny degrés de l'é- ^chelle socialej car porter tout le monde au sommet jest
impossible. (Très bien !)