‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 75 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tamment; nous avons arrosé l'arbre par ses feuilles, au lieu de l'arroser par ses racines. Nous avons favorisé les villes, et non les campagnes. Nos fabriques ont trop produit, parce que les agriculteurs sont restés pauvres. Mais si les agriculteurs étaient riches, les fabriques ne produiraient pas assez.

II est prouvé que si chaque paysanne portait, seulement le dimanche, une robe de soie, il faudrait que Jes fabriques de Lyon fassent doublées où même triplées.

La meilleure maqjgre d'arro«ififcJ'<^''>^yA jfl,T r^a mpinp^ ,

c'est d'encourager ces com^'^^° flSr^ylfiSi ^^^°^ Ifti TlTifi Y^ntable association, et je ne crois pasau,f le Grouvfir^pTnAnf. înjfcerdise jamais celles-là! On n'y parlera pas aux peuples de certains droits politiques avec lesquels ils ne peuvent que se Rgicider ; mais OU leur enseignera la science plus utile, plus libérale, de produire deux épis au lieu d'un, deux bœufs au lieu d'un, deux veaux au lieu d'un, deux moutons au lieu d'un. (Mouvement.)

Cela est très vulgaire assurément pour nos politiques de clubs et de journaux, mais c'est très libéral. C'est de la véritable liberté, celle que le peuple saura apprécier (IJ. La misère est le seul esclavage 9ue craignelp peuple français; jamais aucun peuple n'a été plus libre ; faisons qu'il soit aussi et le plus heureux et le plus riche 1

Je crois qu'il serait de la plus haute importance que l'agriculture pût devenir une profession qui occupât nos jeunes gens, lesquels, à défaut d'emploi, ne rêvent que journaux, émeutes, insurrection. Quand l'agriculture sera mieux comprise, ce sera une science à la portée de tout le monde, une profession. Une foule de jeunes gens, qui se font avocats

(1) Combien ces idées, simples et pratiques, ces théories du bien-être social, développées par le général Bugeaud, diffèrent des rêveries et des songes creux (luo les tribuns égoïstes et ambitieux jettent en pâture aux peuples, après chîKiue révolution.

sans causes et médecins sans malades, resteront dans les champs. Ne trouvant pas à se caser, ils tourmentent le pays jusqu'à ce qu'ils aient trouvé une petite ou une grosse place. , Pnm* Tnnn (*f)p[]ptft^ jft désirerais fort que dans la loi électorale on dît : ce Nul ne sera électeur, sj' il ne fait partie du comice ao^ricole de son canton. » (On rit.J Alors, Messieurs, vous verrez venir le goût de l'agriculture. On sera agriculj:eur par mode^ par sympathie, paj.i3aoutQnnfîrie*j(JiûïLEeaux

Alors les capitaux qui manquent à l'agriculture ne lui manqueraient plus. QaanL..&Lj^î? je ne place jamais mon arj^nt, parce que je suis impatient de le dépenser dans la terre... Ainsi, Messieurs, ^^ue le Roi^queJ^aJùûiliûJlûaiîes gubUçs, que les dépatés,.que le.s pairs, que les hommes de guerre, que tout le monde enfin pousse à l'agriculture, à la création de comices agricoleg; car tout se tient dans 'l'ordre politique et moral, et l'agriculture soutient tout.

... Messieurs, votre principale sollicitude, je le sais, est fort louable ; elle vous porte à la diminution de l'impôt. Ce que je demande tend k diminfl^f Ifia impAta^ on du ^oins à les rendre plus légers. Aucun gouvernement ne peut vous dispenser de payer des impôts, qoene 4B^^it; "sa' forme, qu'il ""soir ou répuHicain. ou monarchique, ou (îémocratique, et caetera. (On rit.) Eh bien^ Messieurs, les progrès agricoles font mieux que de supprimer les impôts, ils les rendent insensibles.

L'introduction du trèfle dans certainscantons , dans le mien par exemple, a fait produire et vendre trois fois plus de bestiaux qu'avant qu'il y fût cultivé; il ne faut pas le tiers de ces ventes pour payer l'impôt. L'introduction du trèfle a donc rendu l'impôt infinjment plus léger...

Dans l'intérêt même de l'impôt, j'insiste pour l'adoption

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