CHAPITRE V
fassiez, il leur en restera bien assez. Avancez donc, marchez... Augmentez la culture des racines, car on ne peut rien faire de considérable sur le bétail sans les racines. Je ne vous dirai pas d'abandonner la culture du maïs ; elle est utile, particulièrement dans les années disettenses de froment; mais je vous dirai de la réduire; en réduisant l'espace, il ne sera pas prouvé que vous réduirez la quantité de la récolte, car ^ous traiterez mieux (1)... Essayez d'intercaler le maïs avec les racines de toute espèce. Vous pourriez faire des rangées de maïs à 10 ou 12 pieds l'une de l'autre et cultiver dans l'intervalle la betterave, la pomme de terre, le navet.
Ne craignez pas^ mes amis, d'augmenter les bestiaux, lui sont la source de tous les autres progrès. J'ai entendu quelques-uns dire que si on en produisait beaucoup, on ne trouverait plus à les vendre, C est là un grand crime! La France tire de l'étranger pour 50 ou 60 millions de bestiaux ou de matières en provenant. Pourquoi laisserions-nous ce bénéfice aux étrangers ? J'ajoute que la consommation de la viande augmente tous les jours en France à mesure que le peuple acquiert un peu plus d'aisance. Vous-mêmes, mes amis, si vous suivez nos leçons, vous ne vous bornerez pas à en manger en carnaval et quelques jours de fête.
Quand vous aurez bien vendu à la ville les denrées que vous produirez en plus grande abondance, vous vous en retournerez avec le gigot que vous mangerez avec toute votre petite famille.
Suivent des conseils sur la charrue. L'orateur la
(1) Ces détails techniques, devant lesquels le maréchal ne reculait pas, prouvent jusqu'à quel point le soldat-laboureur comprenait sa mission. Plus tard noi^ le verrons CQlonigq.T^|^ V^X^Aa^ g^ rejQommandjmt Jes^cij^^^ de la luzerne, du sainfoin, de la pomme de terre aox, Arabes, comme il le fait
dit presque aussi mauvaise que celle des Bédouins d'Afrique. Puis ijjparle aux paysangjifiLJauiendance fâcheuse de leurs fils à sft x^ndr^ danfi ]lgg yîH^s^ tendance que les progrès de la culture arrêteront.
La péroraison de F orateur est admirable de simplicité et d' à-propos. /
Une situation, dit-il, qui a fait l'envie de bien des grands, est celle d'un cultivateur habile et vertueux qui, ayant dans sa maison abondance de blé, d'huile, de lard, de linge et de chanvre, voit croître autour de lui ses enfants d'abord, ses petits-enfants, et, souvent, ses arrière-petits-enfants. Il est l'âme de cette nombreuse famille ; c'est le vrai patriarche de l'antiquité. Voilà la vie qu'il faut vous procurer, mes amis, par les progrès de l'agriculture. C'est dans cette vue que nous célébrons aujourd'hui une fête ; c'est pour l'honorer, cette fête, que j'ai mis aujourd'hui mon plus bel hahit (1), afin de faire comprendre à tous combien votre profession est honorable, et aussi comme elle est honorée. Les députés, les ministres, les princes, le Roi, s'en occupent souvent, et c'est en partie à l'aide des secours qu'ils vous envoient que nous allons distribuer des récompenj|es à ceux qui ont présenté au concours les plus belles cultures. Après
vous irez ^ vous aussiy célébrer dignemei j^ette fête, qui, après, celle de Dieu, des saints et de vos
femmes, ^st ff^°iir^TH^nt }^ V}^T gfftP^ Ar^nff^z-vfhr!*! honnêtement; et si vous avez quelque monnaie à dépenser, que ce ne soit pas au cabaret. Achetez du vin et de la viande; ce que vous auriez consommé seuls à l'auberge servira à alimenter convenablement ce soir toute la famille.
(1) Le général était en grande tenue militaire.