‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 83 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

envers les rares adversaires qui lui tiennent tête avec une vivacité analogue à la sienne, l'accuse-t-elle de prendre un rôle provocateur (séance du 24 mars 1834).

Elle le dénigre indignement, et une des fortes têtes de parti, Armand Marrast, en fait la définition suivante :" ce Une figure «ans distinction , un langage de « caporal et cette sorte d'aplomb particulier au troua pier, qui remplace tout sentiment et toute pensée oc par une consigne. i>

Pour d'autres que des adversaires de mauvaise foi, ce qui caractérise Bugeaud comme orateur politique, c'est son admirable bon sens. C'est ainsi qu'il repousse le droit d'association militaire réclamé après 1830, et qui lui semble, non sans raison, de nature à désorganiser l'armée.

Les pétitionnaires se sont mépris en pensant qa'il pouvait y avoir une autre association que celle de la garde nationale. (Réclamation à gauche.)

Il ne doit y avoir d'autre association dans Tarmée que celle du devoir. Il faut qu'on puisse disposer des hommes à toute heure, à tout instant. Un officier ne peut pas faire une démarche quelconque sans en demander permission à son chef. Je commandais le 56° régiment quand les associations parurent. Les officiers vinrent me demander s'ils pouvaient s'associer. « Pourquoi faire, leurdis-je? — Pour défendre l'État et nous opposer au retour de la branche aînée des Bourbons. — Est-ce que vous n'êtes pas associés? N'avez-vous pas prêté serment à Louis-Philippe et à la Charte? Comment donci vous êtes aux avant-postes! Vous serez les premiers à tirer des coups de fusil. Vous se-

rez à la tête du combat et voas vonlez vous mettre à la qneae d'ane association? d Ils comprirent tous ce raisonnement et pas nn ne s'associa.

Le général Demarçay, qui lui répond, s'écrie : « La doctrine de rhonorable orateur est telle qu'un citoyen, entrant au service militaire, ferait abnégation entière de sa personne tant au physique qu'au moral, d Bugeaud ne réplique pas, car telle était bien certainement sa pensée.

ne veut pas davantapj-e de l^jfubltcité des séances de^SfOnseâs généraux (j^ui lui semble de nature à défigurer le carar4?>rç de nos agRen^bléeR provinmalfts

. (18 janvier 1833). Et quels excellents arguments il apporte !

Demander la publicité en toute occasion et l'immense extension du droit électoral est un excellent moyen d'acquérir de la popularité. Par contre, celui qui s'y oppose quand il croit la chose mauvaise, peut se rendre impopulaire ; mais il est de son devoir de braver l'impopularité dans rintérêt du pays...

De quoi se composera la masse de nos conseils départementaux? D'hommes simples vivant habituellement dans les champs , étrangers aux assemblées délibérantes, peu habitués à parler en public. Avec la publicité, ils ne diront mot; ils auraient souvent de bonnes raisons & donner parce qu'ils connaissent les besoins du pays. Il ne les donneront pas et le Conseil sera livré à quelques parleurs, à des avocats...

II y a encore dans la publicité la difficulté matérielle. Oh trouver des salles assez spacieuses pour réunir tous les

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