CHAPITRE V
curieux d'un département? Le fussent-elles, quels seraient probablement les auditeurs? Les avocats, les journalistes, les frondeurs de toute couleur et les oisifs du chef-Ueu. Le plus grand danger de la publicité, c'est de transformer les assemblées administratives en assemblées politiques. Nous savons ce que produit l'amour de la popularité sur des assemblées plus solennelles. Le jury est assurément une institution fort libérale, et cependant le jury délibère à huis clos.
Je vote contre la publicité des séances des conseils de département (1).
Il combat avec énerffie Textension du vote et sur-
t eut du vote^unwçf^el ^ institution que TÈurope nous jalouse peut-être, mais qu'elle se garde d'imiter. Il iuffeait avec raison ces extensions dangereuses poiir la tranquîUité de la nation.
Le 15 janvier 1833 notamment, il s'exprimait ainsi :
C'est une grave erreur de croire qu'en étendant le vote électoral on augmente la liberté. L'électeur est-il plus libre que le citoyen qui ne vote pas? Non assurément ; il exerce un mandat, une mission ; sa mission remplie il rentre dans la foule, est régi par les mêmes lois que les autres citoyens.
Je repousse aussi le système de M. Comte parce qu'il exclut les militaires en activité de service.
( 1 ) Nous le voyons d'autre part prenant tellement à cœur l'importance de ses fonctions de conseiller général qu^il donne sa démission en 1838, à raison de l'obligation de se rendre à Perpignan comme témoin dans le procès de Brossard, au moment de la session. Le général fait observer dans sa lettre que cette absence se renouvelait pour la troisième fois, ses missions d'Afrique l'ayant empêché de siéger en 1836 et 1837 {Moniteur du 4 août 1838.)
184 LE MARIÊCHAL BUGEAUD.
Le 6 janvier 1834^ il nio que rintroduotion du suSrage universel puisse rpinè^diftip pn f|iioi gn^ ca ^joit.iJa.mi8èEejift.pe*ipleu-- ,
Il disait, le 7 février 1835, en traitant la fameuse question de Tadjonction des capacités :
J'ai la prétention, moi aussi, d'aimer le peuple, j'ai la prétention d'être quelque peu populaire, du moins dans mon village. (On rit.)
Non parce que j'ai cherché à nourrir le peuple de ces théories creuses, mais parce que j'ai cherché & lui enseigner l'art beaucoup plus utile de mieux cultiver ses champs, de mieux habiller ses enfants, de lui procurer une meilleure nourriture, une meilleure éducation.
Le vote universel ou les 700,000 ou 800,000 électeurs de plus demandés par M. Barrot donneront-ils au peuple plus d'aisance, plus de liberté?
Plus d'aisance! mais les citoyens seraient obligés de se déranger plus de cinquante fois par an pour aller voter. Ce droit augmenterait leur pauvreté...
J'avoue qu'en 1830 et 1831 j'aurais voté pour l'a(^onction des capacités; mais depuis, les capacités m'ont trop prouvé leur savoir-faire. (Rire général.) Elles m'ont prouvé que les capacités pauvres veulent devenir des capacités riches. Ce sont les capacités qui ont fait les mauvais journaux qui nous ont inondés de tant de détestables principes. Ce sont elles qui nous ont amené le saint-simonisme, les associations et les émeutes. Ce sont les capacités qui ont organisé la Société des droits de V homme. Donnez-moi Gros- Jean , donnez-moi Gros-Pierre... je les aime mieux que les capacités sans fortune. (Rire général.) C'est parce qu'un homme a de la capacité, que, s'il est pauvre, je me méfierai de luL