CHAPITRE V
de Lyon qui ODt fait respecter l'ordre et les lois à Lyon.
Messieurs, on a dit que les baïonnettes françaises n'avaient soif que du sang étranger. Cela est vrai en ce sens qu'elles ne désirent combattre que contré les ennemis de la France, mais, toujours aussi, elles sont prêtes à combattre les factieux. {Au centre : Bravo I)
On veut faire entendre des paroles retentissantes ; nous en ferons entendre aussi. Oui, nous combattrons les factieux! (Bravo ! bravo I) Nous désirons que tous les Français se réunissent autour du trône de Juillet; et les factieux, nous serons toujours prêts à les combattre sous quelque couleur qu'ils se présentent (1).
Dans la séance du 24 mars 1834, il s'adresse hardiment à la gauche :
Ce sont les chefs surtout que nous devons atteindre! C'est à eux que nous devons tous les maux que nous avons soufferts. Sans ces hommes habiles, par exemple, à faire des journaux, intrigants, actifs, pleins d'audace, vous n'auriez pas eu la Société des droits de Vhomm^.
Ces chefs méritent toute notre sévérité! C'est à eux que nous devons, je le répète, tous nos maux, les troubles de la société ; ce sont eux qui nous ont empêchés jusqu'ici de jouir
(1) a Le soulèvement des colères démagogiques tenait à des causes amèrement profondes. En 1880 les révolutionnaires s'étaient encoi*e une fois flattés de saisir définitivement le pouvoir. H leur avait échappé par cette miséricorde de Dieu envers la France qui a souvent désarmé les ennemis de son repos au moment même de leur triomphe.
<i Partout les associations patentes ou mystérieuses exerçaient leur funeste empire. A l'occasion de la crise commerciale et industrielle qui pesait sur toute la France, de graves insurrections à Lyon et à Grenoble révélèrent en 1831 le douloureux esclavage que subissaient les ouvriers paisibles et sensés qui se laissaient entraîner à des actes et à des crimes qui leur faisaient bientôt horreur. ])
(Guizot, Histoire de France.)
188 LE UAfiéCHAL BUGEAUD.
de tons les avantages que nous promettait la monarchie de Juillet^ d'avoir la liberté qu'elle devait nons procurer; car les bonrgeois de Paris ne sont pas libres lorsqu'ils sont sans cesse tenus en alarme par quelques honmies, conmie un camp Test quelquefois par une poignée de Cosaques.
Eh bien, je dirai à ces chefs : Nous acceptons votre défi de combat; nous acceptons vôtre guerre a mort ; maiA liutwne la crai^ons pas le moins du monde. Pensez-vous que vons ayez le monopole du courag^e? ^ruit. Suit une scène tumultueuse dans laquelle l'opposition accuse le général de prendre une attitude provocatrice.)
Quelques jours auparavant, dans la séance du 14 mai 1834, lors la discussion de la loi sur les détenteurs d'armes, il s'était exprimé en ces termes :
Au moment oh les attentats de Lyon, de Saint-Etienne et de Paris vinrent attester l'existence d'un vaste complot, on demanda de toute part des lois sévères, terribles même, pour empêcher le retour périodique de semblables calamités. Tout le monde s'y attendait. Les factieux même s'y attendaient parce qu'ils savaient les avoir provoquées. C'est lorsque nous étions sous l'empire de ces impressions qu'est arrivée la loi en ce moment soumise à vos discussions. Elle fut loin de nous satisfaire, et, pour mon compte, je ftis tenté d'adresser au ministère ces paroles fameuses : « Tu sais vaincre , Annibal ; mais tu ne sais pas profiter de la victoire. 3> (Rire général.)
Aujourd'hui, Messieurs, que l'indignation, — je ne dis pas la colère,... on n'en a plus contre les vaincus, — que l'indignation s'est affaiblie, j'avoue que j'humilie ma raison de- ''ant celle des hommes d'État qui ont si bien conduit les