‹ Le Maréchal BugeaudChapitre 88 sur 294 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

nous n'avons plus de colères contre les hommes que nous avons combattus, et encore moins quand nous les avons vaincus...

Qu'il me soit permis de déplorer, de m'affliger profondément pour mon pays de cette démoralisation sociale qui fait qu'on atténue le crime politique au point d'en faire presque une vertu. Un honorable député de l'Ariège vous a dit : Les crimes politiques changent de nature quand le pouvoir change de mains. Un poète illustre vous a dit : « La bataille, c'est le procès; le jugement, c'est la victoire! »

Tant que de pareilles doctrines pourront être produites dans le pays et à cette tribune, je déclare qu'il y aura danger. Quant à moi, je déclare que j'ai pour ces doctrines la plus vive antipathie...

Nous condamnoiis, avec la dernière sévérité WLiaillLe» tft fji^î p'j^,„pQ)7yfi|^j^ Annnnft portée contre la société, e^. r\cm^ TOfflïïlffi ^jgp^s^q ^\^ p|^^ coupable ^ ^ }&,„ plus lâche indulgence envers les crimes nolitiques. Nous envoyons aux galères un homme qui aura volé un sac dé ^^4 J^nr nourrir g? ^"^lillf'li.^Him^^, parce qu'il aura commis ce crime avec effraction ou nuitamment ; et un journaliste qui, tous les jours... (Mouvement.)

Oui, Messieurs , les j^ournalistes ^ cç sont là nos despotes nonv^anir. \]r ypt Y^mplapp |fts hauts barous de la féodalité. r,G![fiâtvrai!) C'est précisément parce que j'aime la liberté que je ne veux pas me soumettre à leur despotisme.

Je dis donc qu'un journaliste qui lyttaque tous les j je "né" (ïîs pas le G-ouvernement, mais l'ordre social

ours, tout

'■entier, nous le déclarons toujours digne de toute indulgence ; nous réclamons contre la punition trop forte qu'on

lui a infligée; et, cependant, il est à mes yeux cent fois plng^ coupable q^e 1^ mallxeorens QU'on envoie anx galères pendant dix ans pour un fait isolé. (Mouvement. ) Car le joumaliste^ttaque la société tout entière. Tous les jours et toutes les vingt-quatre TieureT', lêS'cnevaux ae poste distribuent sur toute la surface de la France les plus effroyables poisons. (Plusieurs voix : Très bien!)

Je dirai aux promoteurs de. l'amnistie : Soyez conséquents! Puisque vous voulez l'amnistie pour des crimes aussi épouvantables que ceux qui consistent à attaquer les lois, à s'insurger dans les rues, à faire des barricades, à tirer sur la garde nationale, à tirer sur l'armée, à compromettre la sûreté du pays tout entier, — demandez aussi qu'on ouvre les bagnes. Pour moi, les hommes qui croupissent dans les bagnes ne sont pas aussi coupables que ceux qui ont versé le sang de leurs concitoyens dans les rues. (Adhésions sur plusieurs bancs ; murmures aux extrémités. )

Conspirer aujourd'hui est la chose la plus facile, la moins chanceuse. Si l'on est vainqueur, la victoire vous donne tout ce qui vous manque , selon l'expression des proclamations de la Société des droits de V homme. Et nous savons ce qui leur manque ! (Hilarité.) On est chanté, on a les honneurs; on a tout! Si l'on est vaincu, le mal n'est pas grand ; on en est quitte pour quelques mois de prison. On est encore chanté; on vous appelle les héros malheureiLX. On vient quelquefois dire à cette tribune : Ce sont des imprtidents, et seulement des imprudents. Voilà le langage qu'en 1831, 1832 et 1833 on est venu tenir à cette tribune. Bientôt des orateurs comme M. de Sade viennent demander l'amnistie pour des enthousiastes consciencieicx. Consciencieux I et que me fait à moi leur conscience s'ils m'assassinent! Belle

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